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Même rubriqueEn ce début de période de sécheresse, les feux ne font pas de cadeau. En quelques semaines, les incendies ont fait spectacle à Antananarivo, le dernier en date qui a calciné un dépôt important du ministère de la Santé aurait pu faire comme les autres l’objet d’un traitement dans la rubrique société même s’il s’est agi d’un bâtiment public. Mais il mérite de figurer dans la rubrique politique puisqu’il a donné l’occasion de donner en spectacle, grandeur nature, le mode d’intervention des gouvernants quand survient un désastre.
Le sinistre d’un bâtiment public justifie naturellement la présence sur les lieux du premier ministre, du ministre en charge du département concerné par l’incendie et les autres hauts responsables de l’Etat. Sur la scène accidentelle du sinistre, en fonction de la hiérarchie les personnalités publiques ont essayé chacun d’endosser un rôle important de personnages actifs sous l’éclairage cruel des flammes. Et vas-y que je te pousse pour mieux se retrouver au premier rang.
Au premier ministre le rôle de faire des remontrances, au ministre celui de donner ou répercuter les ordres, à un député présent sur les lieux de donner son avis pour circonscrire l’incendie et pour donner des commentaires sur le sens du vent. Les soldats du feu ne savaient plus à quel ordre satisfaire et à quel conseil se vouer. A la vue de cette scène on se demande à juste titre si une haute fonction peut rendre omniscient jusqu’à rendre les spécialistes moins compétents que soi.
La faiblesse du système actuel qui produit les résultats que l’on sait en matière de défense de la population en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et le combat contre l’insécurité trouvent peut-être sa source non tellement dans l’absence des moyens ni dans un déficit de ressources humaines mais par un brouillage des responsabilités qui confisque et une réelle distribution des rôles et une reconnaissance des spécialités des autres acteurs. Les meilleurs chefs c'est-à-dire ceux qui obtiennent de bons résultats ne sont pas nécessairement des omniscients mais sans doute qu’ils appartiennent à la race de ceux qui connaissent leur limite et qui par cette humilité atteignent la grandeur de posséder l’art d’harmoniser l’action en donnant à chacun l’occasion d’épanouir ses propres compétences dans l’intérêt général.
La lettre du Mercredi 107
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