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Annulation de la dette

Le paiement de la dette accroît la vulnérabilité du pays car il comporte un coût social très élevé malgré la mise en œuvre de l’IPPTE. Sur ce dernier point, des études économétriques suggèrent que le gain de croissance attribuable à l’IPPTE pourrait être de 1,5 points de pourcentage, consécutif pour 2/3 au desserrement de la contrainte financière et pour 1/3 à la hausse des dépenses publiques d’investissement.

Une autre critique émise à l’encontre de l’IPPTE a été la lenteur de sa mise en œuvre. Actuellement, sur 38 pays potentiellement éligibles, Madagascar fait partie des 27 pays ayant passé le point de décision et en phase d’atteindre le point d’achèvement.

L’origine de cette lenteur est multiple et résulte de différents types de contraintes parmi lesquelles le temps nécessaire à l’élaboration d’un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, faisant l’objet d’une validation par les Conseils d’administration du FMI et de la Banque mondiale, et à sa mise en œuvre effective pendant une année complète ; la difficulté, pour certains pays à maintenir un cadrage macroéconomique satisfaisant, appuyé par le FMI via une facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ; les retards de réallocation des marges de manœuvre financières à des dépenses prioritaires de lutte contre la pauvreté ; la difficulté à respecter l’ensemble des engagements pris au moment du point de décision et conditionnant l’atteinte du point d’achèvement.

Devant ces obstacles, des doutes, sur la possibilité du pays d’atteindre le point d’achèvement, s’installent.

En dépit d’avancées indéniables, les promoteurs de l’IPPTE ont certainement pêché par excès d’ambition quant à la portée réelle de cette initiative, qui n’est finalement qu’une contribution parmi d’autres à la question plus générale du financement du développement.

Les données disponibles pour Madagascar mentionnent, en effet, qu’en termes de transferts officiels, sur un ensemble de 82,5 millions de DTS d’aide budgétaire attendus pour cette année, le montant du concours financiers de l’IPPTE se chiffre à quelque 19 millions de DTS. En conséquence, les gouvernants de Madagascar ne doivent pas attendre trop de l’IPPTE.

D’ailleurs, une caractéristique de l’IPPTE est de considérer la dette extérieure publique dans sa globalité, en y incluant notamment les créances multilatérales et en étendant le périmètre de consolidation aux créances sur les entreprises publiques.

En outre, l’IPPTE vise un objectif d’endettement tolérable exprimé en proportion des exportations des biens et services non facteurs ou de recettes budgétaires, l’effort d’annulation étant directement rapporté à l’atteinte de ces seuils de soutenabilité. Plus, l’obligation de réaffectation des marges financières libérées change les attendus de l’IPPTE elle-même. Cette initiative ne devrait plus être alors perçue comme cherchant à rétablir la soutenabilité de la dette, mais comme une initiative visant à rééquilibrer la structure des dépenses entre service de la dette et "dépenses de dévelo- ppement".

Ce faisant, l’IPPTE contribue à la réflexion sur l’orientation optimale des dépenses dans la mesure où le niveau actuel de croissance économique observée dans le pays ne s’est pas pour autant accompagnée d’une baisse de la pauvreté.


par © - La Gazette DGI - le 14-06-2004 commentaire - Rubrique : Economie - LU 298 fois AddThis Social Bookmark Button



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