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Même rubriqueMême si Madagascar ne fait pas partie des 37 pays qui connaissent une crise alimentaire, « la malnutrition et l’insécurité alimentaire demeurent un fardeau insoutenable » pour le pays. C’est ce qu’on peut lire dans le Rapport national de suivi des Objectifs du millénaire de développement (OMD) pour 2007. Ces problèmes représentent 2 à 3% du PIB, soit des taux très élevés quand on sait que la croissance économique pour la même année a été de 6,3%.
Pourtant, le pays a tout : des millions d’hectares de terres agricoles non encore exploités, divers climats agro-écologiques à même de produire tous les types de produits agricoles, des organisations paysannes qui commencent à comprendre l’enjeu de produire pour le marché…. Seulement, ces atouts restent souvent au stade du potentiel.
Les politiques agricoles développées jusqu’ici n’ont pas donné des résultats probants. La pauvreté reste essentiellement rurale car elle touche 73,5% des ruraux, contre 52% des urbains.
Le mirage de la révolution verte
Le pays a lancé la révolution verte en 2007. Le premier résultat va se vérifier sûrement dans la hausse attendue de la production rizicole et ce, malgré les cyclones en début d’année. Mais cette hausse sera encore loin du doublement de la production qui est un objectif à atteindre en 2009. Face aux dégâts des cyclones, le ministère de l’Agriculture mise sur d’autres céréales comme le sorgho.
Mais il n’est pas toujours évident de faire passer des nouveautés en milieu paysan. La preuve en est la pratique du repiquage en ligne. Elle n’est pas encore appliquée à grande échelle alors qu’elle est vulgarisée depuis des décennies. Dans ce cas, la révolution verte est-elle à même d’aider le pays à repousser les problèmes de l’insécurité alimentaire ? C’est un concept qui a débouché sur des succès sans précédent, notamment en Asie.
Mais Madagascar ne se dote pas des moyens pour y parvenir. Les paysans sont toujours laissés à leur propre sort. Les soutiens potentiels ne sont pas coordonnés. Quand on distribue, par exemple, des semences, l’accès au financement ou aux équipements ne suit pas ou vice versa. De plus, seules quelques zones bénéficient de ce genre de soutien.
La Lettre du Mercredi n°105
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