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Jusqu’à la dernière minute, les communicateurs jouent à maintenir le suspens autour de la désignation du présumé candidat à la présidence. Les réunions des instances dirigeantes, le ballet des personnalités influentes du Tim en raison des postes qu’elles occupent, le premier ministre actuel Charles Rabemananjara et l’ex Jacques Sylla devenu président de l’Assemblée Nationale, les conciliabules restreints, le tête-à-tête entre les deux prétendants, Rajemison Rakotomaharo ex-président du Sénat et Yvan Randriasandratriniony président du parti, disent long sur les difficultés du Tim et qu’il aura peut-être fallu recourir au conseil amical du fondateur.
Dans son unité, le Tim doit gérer une situation en double face. D’un côté la fidélité à ses origines et de l’autre une adaptation sans état d’âme à l’évolution du contexte politique. Les deux hommes en concurrence personnalisent ces deux tendances qui tiraillent les militants du Tim. Rajemison Rakotomaharo a été l’homme de confiance des premières heures, entièrement dévoué à la cause et dont la fidélité et l’engagement, n’ont eu d’égal durant les heures chaudes. Yvan Randriasandratriniony, la personne ressource actuelle, pivot de toutes les missions délicates, telle celle de pacificateur au sein du Tim pour remettre de l’ordre dans les moments difficiles qui ont menacé de schisme le parti.
L’ordre règne en surface, mais cette rivalité en haut lieu, sans y être lié directement, est révélatrice d’un malaise qui mine la base, malaise provoqué par un appétit de siège. Tant lors de l’établissement des candidatures des sénateurs élus que pour la liste des sénateurs désignés par le président, les militants régionaux et leurs partisans adhérents de base manifestent le sentiment d’avoir été utilisés sans considération en retour. La présentation de candidats marqués par leur appartenance active passée au sein de l’Arema ainsi que la désignation à une fonction de sénateur des hommes ayant soutenu avec force et conviction la dissidence de Jean Lahiniriko inquiètent les militants quant à une dérive vers le totalitarisme. Le congrès du parti promet des empoignades musclées, à moins que les organisateurs parviennent à museler à l’avance la participation.
La Lettre du Mercredi n°105
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