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Secteur de l’emploi : Les salariés trinquent avec la baisse du pouvoir d’achat

Jeudi dernier, le pays a célébré la Journée mondiale du travail comme tous les autres pays. Ce jour chômé mais payé était une aubaine pour les salariés qui subissent déjà les affres de l’inflation. Rappelons que depuis 2003, le pays nage en pleine inflation avec un taux à deux chiffres.

Les salariés sont parmi les premiers à trinquer. De mars 1998 à mars 2008, le gap ou la différence entre le salaire moyen mensuel et l’argent à la disposition du salarié enregistre une baisse de -350% selon les calculs du Syndicat des travailleurs.

Ce gap se traduit par une baisse significative du pouvoir d’achat. Si on se réfère à la classification du Bureau international du travail (BIT), le minimum vital mensuel pour un individu a connu une hausse de +292% en 10 ans. Le salaire est loin d’enregistrer le même taux d’augmentation. Pour les fonctionnaires, il oscille entre 10 et 12% par an.

Les salariés du secteur privé doivent se contenter d’une hausse moindre.

La pauvreté ambiante

Il faut noter que la plupart des salariés résident en milieu urbain, là où l’inflation frappe fort. Ils doivent disposer de quoi payer plusieurs postes de dépenses dont la nourriture, le loyer, le transport et le déplacement, les frais de scolarité des enfants, les soins médicaux, le combustible pour la cuisson, etc. En 10 ans, le poste pour l’alimentation arrive en deuxième position avec une hausse de +300% en terme d’inflation.

Cela veut dire que la pauvreté frappe durement car les dépenses élevées en nourriture signifie une pauvreté qui est loin de céder le pas au développement. Le pouvoir en place n’a pas fait mieux avec l’inflation à deux chiffres. Pire, il noircit le tableau que ce soit pour les salariés des secteurs public ou privé. Dans les fonctions publiques, on sait que l’annonce d’une hausse des salaires fait rebondir les prix des produits de première nécessité sur le marché. Le régime actuel continue pourtant cette habitude adoptée sous Ratsiraka.

Pour le secteur privé, la croissance économique concentrée dans les secteurs aux mains des étrangers ne permet pas aux entreprises locales, créatrices d’emplois plus stables et décents, de se développer assez pour augmenter nettement les salaires.

La Lettre du Mercredi n°105


par LDM -105 - le 09-05-2008 commentaire - Rubrique : Economie - LU 65 fois AddThis Social Bookmark Button



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