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Même rubriqueA moins d’une loi de finances rectificative annoncée par le ministre des Finances et du Budget la semaine dernière, le Sénat avec ses 33 membres va consommer plus de 7 milliards Ar cette année, soit un peu plus de la moitié de son budget pour 2007 (13,7 milliards Ar). Or, l’effectif des sénateurs est divisé par 3 d’une législature à une autre. Autrement dit, le Sénat continue à être une institution budgétivore même si l’amendement de la Constitution et les dernières sénatoriales ont sensiblement diminué sa position sur l’échiquier politique.
Il faut toutefois remarquer que depuis sa création, le Sénat n’a pas pleinement joué son rôle en tant qu’entité de conseil socioéconomique de l’Exécutif, de contrôle des actions du gouvernement et de représentant des provinces autonomes, des instances déconcentrées supprimées depuis. Les modifications apportées par la Constitution amendée vont-elles apporter une amélioration ? Ce n’est pas sûr quand on sait que le Sénat est composé en majorité de gens issus du parti au pouvoir. Les 11 sénateurs nommés par le président de la République sont tous proches du régime.
Rôle socioéconomique
Auparavant, le Sénat comptait plus d’opposants que de gens du régime mais n’a pas joué pour autant son rôle. Il a pourtant une mission importante, celle de conseiller socioéconomique. Contrairement aux parlementaires de l’Assemblée nationale, ceux du Sénat étaient composés en grande partie d’intellectuels et de techniciens de haut niveau. Ces politiciens ou ces opérateurs issus du secteur privé auraient dû proposer des initiatives et autres recommandations socioéconomiques à même de sortir le pays du marasme. Ce n’était pourtant pas le cas. Le Sénat nouvelle formule risque fort de ne pas faire mieux.
L’Exécutif a pourtant besoin de conseils avisés en matière socioéconomique. Il donne l’impression de naviguer à vue, rien qu’avec ce MAP impossible à financer et qui exige l’élaboration de programmes sectoriels à présenter aux bailleurs de fonds en juin prochain. Si le Sénat va continuer à être budgétivore sans qu’il ne joue son rôle, le pays perdra sur deux tableaux. En effet, les contribuables alimenteront une institution budgétivore mais qui ne sert pas à grand-chose.
La Lettre du Mercredi n°104
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