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Même rubriqueDepuis l’apparition d’une épidémie qui frappe le cheptel bovin, le marché de la viande traverse une période de difficulté. En raison de l’importance du troupeau, à cause des tabous relatifs à la viande de porc, le boeuf depuis toujours tient la tête en volume de consommation.
Le boeuf victime d’une épizootie, sa viande d’une psychose Les consommateurs prennent peur, une maladie indéterminée à ces débuts a provoqué la mort suspecte de plusieurs têtes de bétail, et les personnes qui ont ingurgité la viande de ces bêtes ont été à leur tour frappées de la contagion certaines en ont même décédé.
La tergiversation des pouvoirs publics à révéler les informations sur l’origine de cette maladie du bétail a produit une psychose. Au début, les services autorisés ont conclu en une forme aigue due à la douve par les piqûres et les succions de la tique de zébu. Les éleveurs connaissant bien ce phénomène et la médication pour en préserver leur troupeau n’ont pas donné crédit au diagnostic des spécialistes.
La polémique entre les services officiels et les éleveurs quant à l’identification de cette épidémie bovine n’a pu que créer un climat de suspicion sur une maladie cachée et la mise en quarantaine des boucs et chèvres importés de Nouvelle-Zélande dans un parc de la région où est apparu le phénomène a favorisé les circonstances pour amplifier les rumeurs.
Le syndrome d’une maladie non identifiée a créée une panique dont les étaliers et les bouchers relatent les effets alarmants sur leur commerce. La communication faite par le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage avec son collègue de la Santé en vue de rassurer l’opinion publique n’a pas obtenu les résultats recherchés. En effet, ces deux hauts responsables ont pointé du doigt l’arbovirose comme origine de cette maladie, malgré leur affirmation rassurante concernant la maîtrise sur le traitement et les mesures préventives, la désaffection des consommateurs tend à se transformer en réflexe d’auto-protection quand la confiance dans les communications officielles a disparu.
En substitution, le cochon n’est pas la solution
Des coutumes et des religions mettent à l’index le cochon en faisant de la viande de porc un tabou formel. En l’absence de statistiques officielles on évalue à au
moins 40% des foyers le taux de ceux qui s’interdisent la viande de porc et la tendance va en s’agrandissant. Du côté des consommateurs de cette espèce même si
cette denrée est très prisée, considérée comme un met de choix, il est un adage qui dit : " quand même pas du cochon tous les jours, on finirait par s’en lasser ".
Boutade, ce bon mot signifie à porter en dérision le pouvoir d’achat. La consommation de viande de porc au sommet des étals en fonction de son prix écornerait
sensiblement la rubrique viande déjà réduite dans un budget familial. Le poulet concurrent aux ailes coupées Dans la hiérarchie des viandes, le poulet trône en raison des vertus qu’on lui accorde (pour les malades, pour les voyageurs, pour donner des forces) et en raison de son prix (rapport entre l’envie et la production, demande – offre).
L’élevage du poulet dit " de chair " a démocratisé la consommation mais même si la production de chair de cette volaille par l’accélération du rythme (45 jours) parvient à équilibrer la demande, l’exploitation nécessite des normes d’hygiène et d’alimentation qui ont leur coût, la concurrence se joue dans un espace limité entre le coût réel de la production et le pouvoir d’achat des consommateurs. Les éleveurs sont obligés d’adopter une méthode drastique dans la gestion pour aménager leur bénéfice.
Actuellement, le phénomène d’une hausse du prix de la volaille élevée traditionnellement provoque une contrariété de la clientèle dont la tendance accorde un retour à une préférence pour la chair du poulet local. Malheureusement, le cycle plus long de l’élevage de cette volaille et surtout la hausse des prix des grains affectent le coût de revient et les paysans éleveurs traditionnels de cette race locale ne peuvent que répercuter ce surcoût sur la vente tandis qu’en face les consommateurs ne disposent pas plus de revenu pour leurs achats.
La stagnation ou pire le recul du pouvoir d’achat constitue actuellement un risque de déclin de cet élevage. Outre les conditions économiques qui acheminent la production comme la consommation dans un entonnoir, la saison n’a fait que renforcer les circonstances défavorables, les perturbations et difficultés qui frappent les filières de la viande n’ont même pas profité au poisson. Le temps du frai en eau douce et la saison de reproduction en mer justifient une fermeture saisonnière de la pêche. La perturbation dans le secteur viande a coïncidé avec cette période.
La Lettre du Mercredi n°103
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