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Les projets africains commencent à poindre

Les projets africains commencent à poindre

S’il est un domaine dont le régime de Marc Ravalomanana est très fier, et il a tenu à le marquer, c’est bel et bien la reconnaissance de nos voisins africains. L’important dispositif mis en place pour accueillir triomphalement le Président de la République à son retour du Sommet de l’Union africaine de Maputo, Mozambique, en juillet dernier, en constitue la preuve évidente.

Faut-il rappeler qu’une année auparavant, lors du sommet de Durban, en Afrique du Sud, les ténors de l’Union africaine ont refusé à leur table notre Président, lui reprochant d’avoir pris le pouvoir par la rue. Mais ces mauvais souvenirs ne viennent plus assombrir le ciel aujourd’hui bien radieux, entre la Grande Ile et le Continent noir.

Le pays commence actuellement à récolter les avantages de son intégration dans cet ensemble régional. D’ailleurs, mis à part les accords conclus entre pays, les financements par les bailleurs de fonds traditionnels, notamment les institutions de Bretton Woods, en faveur de cet ensemble régional africain, se concrétisent beaucoup plus vite par rapport à des projets auxquels Madagascar est associée à certaines sous - régions.

Le plus récent reste la mission en terre malgache de l’Administrateur de programme chargé du dossier malgache, le Dr Dieynaba Tandian, au sein de l’ African Capacity Building Foundation (ACFB) traduit en français, la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique. Il s’agit d’ une institution créée depuis février 1991, basée à Harare, Zimbabwe, et dont les principaux contributeurs sont la Banque africaine de développement (Bad), la Banque mondiale, le PNUD, des bailleurs bilatéraux ainsi que plusieurs gouvernements africains, et depuis 2002, le Fonds monétaire international. Le Japon y injecte aussi leur yen à travers le « Policy Human Ressources Development (PHRD) Trust Fund » au sein de la Banque mondiale.

Le principe du ACBF est parti du constat de la pénurie chronique en capacités humaines et institutionnelles des pays africains, un déficit majeur qui freine la croissance économique. Nombreux sont les gouvernements africains qui n’ont pas la capacité de formuler, de mettre en œuvre et de faire le suivi -évaluation des politiques économiques. De ce fait, le secteur privé subit, bien souvent, les conséquences d’une politique macroéconomique inappropriée et la mauvaise application des programmes de réforme.

Cette situation n’est pas étrangère à Madagascar, pour ne parler que de l’inflation que le gouvernement n’arrive pas à juguler depuis près d’un trimestre. C’est pour pallier à cette incompétence institutionnelle que l’ACBF intervient dans le pays à travers le financement du Centre de recherches, d’études et d’appui à l’analyse économique à Madagascar (CREAM) qui est un établissement public à caractère administratif (EPA) sous tutelle du ministère de l’Economie, des Finances et du Budget.

La Fondation a ainsi octroyé un don d’une valeur de 1,721.270 million de dollars qui est entré en vigueur depuis avril 2003. La dernière mission du représentant de l’ACBF a permis, outre la supervision de la mise en œuvre du programme par CREAM, d’identifier les besoins de renforcement des capacités des Malgaches, et de discuter des projets susceptibles de bénéficier de l’appui de la fondation. Pour ce qui sont des activités du CREAM, celles-ci sont coordonnées autour de trois volets : la recherche dans le domaine de la gestion économique, la formation des ressources humaines y afférentes et la dissémination des résultats des recherches et études.

Pour ce dernier volet, il convient de constater le retard évident de publication et des fois même l’inexistence des statistiques économiques sur Madagascar alors que ce sont des supports d’aide à la décision aussi bien pour les institutions que pour les acteurs économiques. Soit que les données soient confidentielles, soit que certains domaines n’aient jamais fait l’objet d’études, entre autres exemples, l’évaluation de la consommation des ménages pour un produit donné ou encore la mortalité des entreprises. En tous cas, les plumitifs espèrent que les données économiques vont désormais pleuvoir. Faudra t-il remarquer qu’à l’Ile Maurice, les chiffres sur la situation macroéconomique du pays sont actualisés tous les trimestres, alors que chez nous, ceux-ci ne sont disponibles que tout les deux ans, et encore, ils sont publiés dans les manuels des bailleurs de fonds. Et comme le CREAM est un établissement public, l’on ose espérer que l’organe bénéficie d’une indépendance suffisante pour pouvoir informer, en toute transparence, le public.

Zo Ramanda.


par © - La Gazette DGI. - le 09-06-2004 commentaire - Rubrique : Economie - LU 278 fois AddThis Social Bookmark Button



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