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Même rubriqueIl a alors joué entièrement la partition politique avec autant d’aisance que le challenge ne comportait aucun risque. Il n’a été repêché dans le dernier gouvernement qu’à la dernière minute, à l’instant où l’on a suspendu le vote à l’Assemblée Nationale qui devait le désigner comme président de la commission des Finances. Sa nomination au ministère de l’Enseignement a pu être perçue ça et là et par lui comme une rétrogradation, mais l’homme ayant reçu la piqûre politique a persévéré dans ce jeu.
Sans se mêler à excès aux intrigues à l’intérieur du Tim, Benjamin Radavidson a voulu montrer une envergure politique ne fût-ce qu’à déclarer sans cesse une volonté de dépolitiser la fonction publique à l’intérieur de son ministère. Dans ses actions il sait mobiliser les médias et il ne se passe aucune semaine où il ne marque pas sa présence dans la presse. Ces derniers temps, la cadence s’est accélérée, les quotidiens de la place semblent se relayer chaque jour pour vanter les actions du ministre del’Enseignement dans des évènements qu’il prend soin de médiatiser.
Le procédé aurait-il été mal perçu en haut lieu comme un jeu personnel exprimant un appétit grandissant, toujours est-il qu’en fin de semaine Benjamin Radavidson a été privé de présider à la cérémonie d’ouverture solennelle de l’Université de Fianarantsoa, au motif une convocation d’urgence à Ambohotsirohitra pour un entretien qui n’a pas eu lieu. Dimanche alors qu’il devait partir pour une mission à l’extérieur, la rumeur sur une arrestation de Benjamin Radavidson a enflé dans les desks de la presse. Il n’en fût rien. Une bonne partie de la presse a toutefois conclu que les relations du ministre avec le Chef de l’Etat se sont détériorées et que l’équivoque a été entretenue pour servir de présage à une disgrâce. D’autres observateurs n’écartent pas à l’inverse l’hypothèse d’un écran de fumée, la méthode du chiffon rouge que l’on agite.
Quelques jours avant cet incident de Fianarantsoa, la presse a mis successivement sur la sellette les deux personnalités qui ont été premier ministre de Marc Ravalomanana.
Pour des actes pas très catholiques commis par leurs fils respectifs, Jacques Sylla et Charles Rabemananjara ont mérité la une des journaux, prélude à un largage. La publication de ces informations n’est sûrement pas fortuite, surtout en cette période où le remaniement ministériel se présente comme inévitable et où le changement de gouvernement et du premier ministre fait partie de toutes les spéculations dont Marc Ravalomanana seul détient la réponse.
La Lettre du Mercredi n°101
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