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Sécurité routière: Entre bandit de grand chemin et drame de circulation

Décidément le sort ne fait pas bonne presse à la Nationale 7 qui symbolise toute l’insécurité régnant sur les routes. La semaine dernière ici même on a relaté les embuscades perpétrées par des bandits de grands chemins entre Ivato et Ambositra, cette semaine sur cette même nationale à quelques kilomètres en amont on déplore un horrible accident de circulation provoquant la mort de 14 personnes dont 12 sur le champ. Le gouvernement ayant fait diligence pour être présent rapidement sur les lieux fait de cet accident un drame national.

Dans leur discours le premier ministre Charles Rabemananjara et le ministre des Transports Laporte Ravelonarivo organisent une charge pour responsabiliser la gendarmerie afin que celle-ci manifeste plus de rigueur, le contrôle de sécurité des véhicules afin qu’il y ait moins de défaillance mécanique, la justice pour que l’on ne tolère pas l’irresponsabilité de ceux qui provoquent même de façon inintentionnelle la mort des autres usagers de la route. Le cri de fureur des membres du gouvernement, leur appel à une plus grande sévérité, leur comportement mélodramatique face à l’horreur ne les exonèrent pas d’autant de leur responsabilité politique.

Des drames de la route, il y en a toujours eu, pourtant sans vouloir faire un lien de cause à effet, on constate depuis que Laporte Ravelonarivo dirige ce ministère, on a enregistré malencontreusement trois graves accidents qui ont causé la mort de plusieurs personnes : celui de Nandihizana où l’on a déploré 16 victimes, une trentaine d’autres emportées par les eaux lors d’un passage à gué dans le Sud et celui d’il y a quelques jours, et d’autres qui ont eu l’avantage ou le désavantage d’éviter les projecteurs des médias.

Le réflexe naturel d’un responsable consiste à se mettre en doute dans ses responsabilités, doute qui ne conduit pas toujours à démissionner de ses fonctions mais au moins à entreprendre autour de soi une réflexion de fond et en l’occurrence à provoquer un réel débat pour conscientiser tous les acteurs de la route. Ainsi que l’a fait le gouvernement, l’opinion peut se tourner vers la police de la route, vers le contrôle des véhicules, vers la justice pour que s’instaure une discipline plus rigoureuse assurant une plus grande sécurité aux usagers.

Mais à l’égal du gouvernement qui ne s’exonère pas de la sorte de ses responsabilités chaque automobiliste, chaque conducteur de véhicule de transport n’est pas quitte d’autant de ses propres responsabilités. Un Etat policier ne suffit pas à rendre la sécurité sur les routes, il y va de la mentalité de chacun pour ne pas regarder la paille dans le seul oeil du voisin.

Considérant l’évolution de la circulation par le nombre grandissant des véhicules qui utilisent les routes, la réflexion peut-elle aller jusqu’à exiger par la force l’usager  de faire montre d’un esprit civique ? L’application sévère des sanctions pénales favoriserait cette tendance mais peut-être que la formule du permis de conduire nécessite une autre réflexion. Actuellement l’octroi de ce carton est conditionné par une simple connaissance des règles et la capacité de manier l’engin.

Ne peut-on imaginer des tests qui garantissent la société d’une aptitude psychologique des utilisateurs de ces engins, très utiles certes mais qui peuvent se transformer en engins de mort lorsqu’ils sont aux mains d’irresponsables et d’inconscients. L’élitisme pourrait ne plus être coupable lorsqu’il s’agit de préserver des vies humaines.

La Lettre du Mercredi n°101


par LDM -101 - le 14-04-2008 commentaire - Rubrique : Société - LU 63 fois AddThis Social Bookmark Button



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