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Les risques d’une crise planent
Après la grande crise du riz en 2004 avec le kilo qui a dépassé les 2.000 Ariary dans certaines régions, la prochaine période de soudure 2008-2009 s’annonce rude. Si cette année, le gouvernement a pu négocier un accord avec l’Inde pour disposer de 50.000 tonnes, le même scénario risque de ne plus se répéter pour la prochaine soudure. En effet, les prix du riz ont connu une hausse de 40% en 2007 et en janvier dernier, ils ont culminé à des sommets jamais atteints depuis 1994, soit 478 dollars la tonne.
Il faut y ajouter l’envolée du fret maritime qui a doublé d’une année à l’autre. De 45 à 50 dollars la tonne en 2006, le fret sur le trajet entre les pays producteurs asiatiques et Madagascar est passé à 80-90 dollars en 2007. Cette année, ce prix pourrait encore augmenter à cause des besoins énormes de la Chine et de l’Inde en matière de navires. Autrement dit, tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle flambée du prix du riz, non seulement avec les actuelles mesures restrictives sur l’exportation des pays producteurs mais pour les prochaines soudures.
L’essor du biocarburant
La hausse des prix des céréales dont le riz s’explique aussi par le développement rapide de la filière du biocarburant au niveau mondial. Madagascar s’engouffre dans cette nouvelle filière. Il pourrait en subir le double impact négatif. Le biocarburant n’est pas une énergie si verte que cela. Même la FAO a tiré la sonnette d’alarme sur l’essor rapide de cette filière sur l’environnement et la sécurité alimentaire. Ainsi, le pays pourrait dégrader son environnement et subir en même temps l’inflation des prix des céréales alimentée également par une explosion de la demande.
Cela veut dire que les prix des céréales sont appelés à rester à un niveau élevé pour les prochaines années. Dès la prochaine soudure pourtant, Madagascar risque de se confronter à une nouvelle crise du riz, contrairement à ce qu’on a avancé au niveau du gouvernement. Pour l’actuelle campagne rizicole en effet, les dégâts laissés par le cyclone Ivan pourraient endommager une bonne partie de la production d’Ambatondrazaka, le premier grenier à riz de Madagascar. Mais trop confiant, le gouvernement préfère rester inconsidérément optimiste.
La Lettre du Mercredi n°99
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