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Le cyclone Ivan a laissé des dégâts profonds sur son passage. Pour porter assistance aux sinistrés par sa présence sur les lieux le président Ravalomanana sans le bâton de pèlerin dans la main a revêtu une tenue de combat militaire. Le message aurait pu paraître clair, mais a provoqué aussi toutes sortes de critique. Marc Ravalomanana porte bien l’uniforme, manifestement celle-ci n’était pas celle d’un simple bidasse, on pourrait même penser qu’elle sort d’un bon faiseur, taillée à sa mesure. Qu’importe que ce soit légal ou non, le chef suprême des armées, titre qui ne fait pas de lui un militaire n’a porté ni galon en signe de grade ni un quelconque insigne d’appartenance à un corps. Il n’y a pas eu usurpation. On peut tout juste regretter que les gendarmes se soient mobilisés voici quelques mois dans une chasse contre le port d’éléments de l’uniforme militaire, une veste, une casquette ou même une simple musette.
Dans les poches multiples de la tenue de combat, le Président possède une arme qui fait mouche, le billet de banque, le chèque ou tout autre titre y compris sa parole qui vaut de l’or. Millions et milliards même en Fmg font toujours leur effet pour aider à panser les plaies. Mais cela dérange. Ca donne l’impression d’un Etat désorganisé dans lequel un seul homme peut mettre de l’ordre.
L’ancien sénateur Mômy rengaine
Ayant pris le large avant que les poursuites judiciaires ne le rattrapent par un mandat d’arrêt, ce dissident du Tim ayant trouvé asile à la Réunion a tenté de faire planer une menace sur son ancien parti en annonçant sa candidature aux régionales. Lorsque de son île d’exil il n’a eu comme feed-back que le retour de l’enfant prodigue n’aurait impressionné personne et que le seul comité d’accueil à son arrivée aurait été une petite unité de gendarmes non pour lui mettre un collier de fleurs autour du cou mais pour lui passer le bracelet, tel un tigre en papier il a rentré ses griffes et attend un rôle pour un prochain épisode.
Un prénom à l’humour grinçant
On ne choisit pas son heure pour arriver en ce monde. Les sapeurs pompiers ont du assister la mère d’Ivan pour son accouchement avant d’évacuer par canot la mère et l’enfant. Les parents ont agréé à la proposition du colonel des pompiers et baptisé le bébé du nom d’Ivan-Ikopa, Ivan pour le cyclone, Ikopa le fleuve qui a débordé. Ce choix correspond à la tradition qui veut que l’on donne à l’enfant un nom provocateur pour conjurer la naissance. Après tout Ivan n’est pas si terrible que ça à porter et puis Ikopa en adoucit la sonorité.
Kaleta joue des coudes au portillon du Sénat
Comme à l’accoutumée, Jean Soja plus connu sous le sobriquet kaleta ne ménage pas les mots lorsqu’il a à s’exprimer. Il bouscule toute la coterie de la baronie de la majorité pour annoncer qu’il est candidat à un fauteuil de sénateur. Le poussetoi que je m’y jette ne l’effraie pas, c’est le style qu’il privilégie. Nombreux sont les candidats qui se remuent au portillon, qu’ils soient du Tim ou de simples alliés. Kaleta les faire même si ceux-ci n’ont pas révélé leur ambition. Afin d’éclaircir les rangs et de doucher les prétentions, Jean Soja tire dans le tas en fustigeant ceux qui ont la velléité de se porter candidat sans avoir osé affronter le verdict populaire, et que les quilles visées apparaissent surtout comme les chefs de petits partis alliés, Teza, Arema matotra… Kaleta oublie que lui-même chef de parti s’est abrité sous l’étiquette Tim aux législatives.
Cible recherchée, ou touchée par inadvertance Rajemison Rakotomaharo, le président du Sénat a été mouché par le tir de Jean Soja. Rajemison Rakotomaharo a annoncé très tôt sa candidature en disant sa détermination de le faire quelles que soient les circonstances. Par la suite, il a porté une nuance en précisant que cette candidature est toujours soumise à l’appréciation des instances dirigeantes du Tim. La sortie de Jean Soja pour s’aménager sa propre niche, ou fait-elle suite à une sollicitation afin que la meute hurle avant la curée ? Dans ce dernier cas beaucoup redoutent qu’avant de s’installer dans un fauteuil Rajemison Rakotomaharo ne passe d’abord sur la sellette.
Des mineurs extradés de leur pays natal
L’émoi succède au trouble. Dire qu’une bande de gamins a mis Antsiranana à feu et à sang relève de l’exagération. Cependant ces gangs composés en partie de mineurs ont semé la terreur sur la ville en commettant des actes graves en majorité de crimes. Le climat d’insécurité et la peur psychose de la population en ont fait un problème politique. Pour en venir à bout, il a fallu du temps, le temps qu’il a fallu pour que la ville vive en état de crise.
A une situation aussi grave, l’autorité judiciaire avec sans doute l’accord du pouvoir politique se devait de prendre des mesures spectaculaires. Des 55 individus inculpés, 23 mineurs ont fait l’objet d’un placement provisoire au centre de rééducation d’Anjanamasina Antananarivo. Cette décision soulève un grand émoi dans les familles de ces jeunes délinquants. On reproche à cette décision l’éloignement de mineurs au mépris des droits des droits de l’homme. Cet éloignement menace aussi le sérieux de l’instruction à cause de la distance, plaide le représentant des familles, les gamins pense-t-on là-bas ne bénéficient pas du principe de la présomption d’innocence.
La ville est à moitié rassurée, la rumeur véhicule que des brebis galeuses ont pu passer entre les mailles et que des innocents auraient pu servir de boucs émissaires pour satisfaire au challenge du nombre.
• Bruits des pavés • • La lettre du mercredi N° 099
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