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Le spectre de la crise avec les travaux de réhabilitation
Le cyclone Ivan a endommagé de nombreux ponts et routes d’Est en Ouest. Il faut y ajouter les dégâts sur des infrastructures hydroagricoles dont la réhabilitation est également dans le domaine du BTP. Malgré l’envolée du prix du ciment, le BTP fait partie des rares secteurs qui alimentent la croissance économique.
L’année dernière, le secteur tertiaire a connu une croissance de 8,3% grâce à l’industrie extractive (mines et recherche pétrolière) et au BTP. Rappelons que des grandes entreprises comme Colas ont enregistré une bonne croissance outre-mer grâce aux marchés qu’elles ont gagné dans des pays africains dont Madagascar.
Pour cette année, le gouvernement a tablé dès l’élaboration de la loi de finances 2008 sur un développement continu du BTP avec les investissements privés et publics. La saison post-cyclonique sera encore plus favorable à ce secteur et son développement pourrait largement dépasser les attentes des opérateurs.
Et les retombées de cet essor ?
Avec les dégâts nombreux et importants apportés par le cyclone Ivan, le pays devra demander un important financement auprès des bailleurs de fonds. D’ores et déjà, on sait que l’infrastructure a la part belle dans le Programme d’investissement public (PIP) dont le montant total pour cette année est de 1.624,2 milliards Ariary assurés à 72% par les partenaires extérieurs. Les cyclones Fame et Ivan vont gonfler cette enveloppe.
Il faut toutefois noter qu’avec la forte dépréciation de l’Ariary, les importations coûtent chers. Dans ce cas, les travaux de réhabilitation post-cycloniques vont revenir chers au gouvernement. Mais il n’y a pas que ce problème. Les importations massives pourraient contribuer à la dépréciation continue de l’Ariary et déséquilibrer les fondamentaux macroéconomiques. D’aucuns se rappellent la chute de l’Ariary pendant les premières années du mandat de l’actuel régime qui a tout misé sur les travaux routiers. Une longue série de chantiers a été lancée presque simultanément. Cette hâte a contribué à la baisse vertigineuse de la monnaie locale face à l’euro et au dollar.
Combinée avec la crise du riz en 2004 et la détaxation, cette situation a été explosive. Depuis 2003, la croissance a fléchi. Elle n’a repris que l’année dernière. Un tel scénario risque de se reproduire si l’Etat se hasarde à ne pas changer de politique.
La Lettre du Mercredi n°99
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