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LE TAUX DIRECTEUR RELEVÉ À 12,2%

L’INFLATION NE CAPITULE PAS - REBELOTE DE LA BANQUE CENTRALE : LE TAUX DIRECTEUR RELEVÉ À 12,2%
S’il y a eu jamais des doutes, ils sont désormais levés. Selon des sources, la Banque centrale a relevé, pour la deuxième fois en un peu plus d’un mois, son taux directeur à 12,2%, reconnaissant ainsi que l’inflation n’a pu être jugulée par un premier train de mesures correctives prises le 23 avril dernier. Le taux directeur avait alors été relevé de deux points et demi, passant de 7 à 9,5%. La mesure avait sonné comme une forme de désaveu de la gestion économique et financière du pays. Les autorités monétaires avaient montré les premiers signes de leur (grande) inquiétude, devant les effets de la politique économique et financière du gouvernement. En avril 2003, lors de sa première grand-messe d’Iavoloha, le président Ravalomanana avait annoncé la baisse du taux directeur à 7% comme le premier signe du changement pour assurer un « développement rapide et durable ». Avait ensuite suivi, la fameuse détaxation qui signa le début de la spirale inflationniste. Le relèvement du taux directeur en avril était la reconnaissance d’une dangereuse dérive inflationniste. Le 22 avril, la veille du premier relèvement, l’Euro caracolait à 11.019 FMG en taux pondéré. « Nous avons quelques inquiétudes pour l’inflation, c’est pour cela que nous avons pris ces mesures » devait déclarer à l’époque, Gaston Ravelojaona, gouverneur de la Banque centrale. « La poussée est forte, mais les prévisions restent optimistes ». Samir Jajah, représentant résident du FMI devait renchérir que les mesures étaient « un signal que les autorités monétaires sont prêtes à agir pour contrôler l’inflation ».
DESCENTE AUX ENFERS
Les mesures n’étaient sans doute pas suffisantes, ou les causes plus profondes, mais la Banque centrale vient d’administrer, une seconde fois, le classique remède de cheval. Les autorités monétaires ne sont pas responsables de la gestion économique du pays. Elles ont pour rôle de constater et de corriger, dans la mesure du possible, les effets néfastes d’une « mauvaise » politique. Le relèvement de plus de trois points du taux directeur sonne ainsi comme une remise en question de la politique économique du gouvernement. Hier, l’Euro affichait 14.692 FMG en taux pondéré, contre 14.330, la veille et 11.019 FMG, la veille du premier relèvement. La monnaie nationale connaissait ainsi une descente aux enfers de plus de 3000 FMG, en un mois. Dans les magasins et établissements de commerce, les articles « détaxés » affichent maintenant des prix supérieurs à ce qu’ils étaient avant la fameuse mesure. L’inflation aura donc victorieusement résisté et s’est bel et bien installée dans l’économie.
Si la détaxation n’est pas la seule coupable, elle est néanmoins un « générateur » important. Le boom des importations entraîne une pression sur les taux de change, encourage les exportateurs à « retenir » leurs devises, incite les importateurs à « devancer » les mouvements du change etc., on n’est pas sorti de l’auberge. Tout ramène à la question de la confiance.
Mamy Nohatrarivo


par © - L'Express. - le 03-06-2004 commentaire - Rubrique : Economie - LU 288 fois AddThis Social Bookmark Button



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