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Même rubriquePressentant une menace, l’ancien candidat aux élections présidentielles, présenté comme l’enfant terrible de la province de Fianarantsoa avait décidé de fondre dans la nature. D’autant que son camarade des élections, le général Andrianafidisoa dit Fidy était devenu également recherché pour atteinte à la sureté de l’Etat.
Arrivent alors les résultats officiels des élections, consacrant la réélection du Président Ravalomanana, et surtout, la nomination du général Charles Rabemananjara, ministre de l’intérieur, à la Primature. Sa mission est claire, bien que complexe : ramener le calme, même apparent. Ramener aussi les brebis galeuses, à la case prison en cas de besoin. Enfin, préparer les futures élections communales et législatives.
Un militaire pilotant l’Exécutif, voila un argument de poids sur lequel Pety Rakotoniaina n’aurait pu faire fausse route. Seulement voila, les émeutes de Fianarantsoa ont été rattachées à son épouse Ialy, de manière si élastique que l’on se demande encore quel était le lien qui l’y unissait. Leur fils aîné, bien que tout jeune, demande en privé à rejoindre sa mère en prison. C’est dans ce contexte que Pety Rakotoniaina se rend aux autorités, ou seconde version, a été capturé. Dans les deux cas, il rejoint son épouse en prison. La configuration change alors le panorama global. Si, auparavant, l’opinion publique se mettait à applaudir ce petit David, on ne raillait pas pour autant le Chef de l’Etat. Mais son arrestation vient de créer une vraie fracture au sein de l’opinion. Une partie pense encore au calme revenu, à un vrai dialogue politique, débarrassé de ses éléments perturbateurs.
Un autre son de cloche trouve pourtant grâce aux yeux de certains, voyant en l’ancien Maire de Fianarantsoa celui qui " avait fait Ravalomanana en 2002 ". C’était son appui et son apport qui ont pu permettre au mouvement de 2002 de gagner la bataille à Fianarantsoa et ses environs. La trahison n’est pas loin, d’autant que les motifs d’inculpation paraissent bien légers : détournement de véhicules publics, menace de mort sur les forces de l’ordre, complicité dans la tentative de coup d’état et d’assassinat du chef de l’Etat.
Sa capture avait tout d’une arrestation annoncée. Il avait utilisé son téléphone cellulaire, grâce auquel les forces de l’ordre avaient réussi à le localiser. L’un des deux opérateurs en téléphonie mobile, Orange ou Celtel, avait prêté main forte et soutien logistique aux enquêteurs, donnant accès à l’information gps de la situation géographique de Pety. Certes, ce dernier n’avait plus la force ni physique ni morale de poursuivre sa cavale. Le nœud s’est naturellement resserré autour de lui. De là à brandir l’efficacité d’une enquête menée de main de maître, ayant permis l’arrestation d’un homme politique, plus rompu aux discours publiques qu’aux cachettes et jeux de piste, le fossé reste immense.
Seuls les résultats et les constats d’après-arrestation méritent le tintamarre que l’on en fait. L’opposition est devenue fragilisée, et doit effectuer un repli pour se repositionner. Le pouvoir a réalisé, une fois de plus ou une fois de trop, une démonstration de ses prérogatives de puissance publique. Cela ramènera-t-il ce sentiment de sécurité nécessaire à tout développement durable ? Evidemment non. Cela musèlera probablement le pays Betsileo, cette région porteuse d’élites du pays, là où on n’hésite pas à vendre sa terre et ses zébus pour pouvoir envoyer sa descendance à l’école et leur offrir le savoir.
Traditionnellement pacifiste, cette province allant d’Ambohimandroso à Fianarantsoa et même au-delà compte donc un porte-parole en moins. Pas de sursaut patriotique en vue, à peine un regroupement des forces restantes, en vue peut-être de la prochaine bataille législative.
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