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PLUS DE 74.000 PERSONNES SOUS MENACE DE « KERE » DANS LE SUD

DANS LE SUD PROFOND PLUS DE 74.000 PERSONNES SOUS MENACE DE « KERE »
Les précipitations amenées par les météores Elita et Gafilo n’ont pas entièrement répondu aux espoirs des régions à « Kere » du Grand Sud. Les récoltes de maïs et des autres cultures vivrières de cycle court sont mauvaises. Les sporadiques stabilisations de la consommation de produits de cueillette dont le pastèque ou le « raketa » bouchent maigrement les ventres creux de la plupart des populations. 74 074 de personnes restent menacées par la disette ou « kere » et ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence, estimée à 2000 tonnes. La région Androy formée du triangle des sous-préfectures d’Ambovombe et de Tsihombe reste victime de difficultés économiques, selon le Système d’alerte précoce (Sap). Mis en place et appuyé financièrement par l'Union européenne et le Pam, le Sap ne cesse d'alarmer l'opinion.
SITUATION ALIMENTAIRE DANS LE SUD LE PAM ET LE SAP VOIENT ROUGE
Depuis 1992, le Pam, Programme alimentaire mondial s'est attelé à éliminer l'insécurité alimentaire chronique, à aider les victimes des catastrophes naturelles, à remonter les indicateurs du développement humain.
Ambovombe, Ampanihy, Amboasary- Sud, Tsihombe ont bénéficié des actions du programme alimentaire mondial. Annuellement, 800 000 bénéficiaires ont reçu 6000 t de vivres. Quant à l'assistance aux victimes de Kere, le programme a distribué au cours de mois d'avril 2003, 7 300 t de maïs et 900 t de légumineuses. En somme, 270 000 personnes ont bénéficié de cette aide alimentaire. La ration journalière est de l'ordre de 2,4 kg de maïs par personne et de 0,3 kg de légumineuses par personne.
Depuis septembre 2003, le Pam a réhabilité 44 pistes rurales à Ambovombe, 16 à Tsihombe, 56 à Amboasary Sud et 36 à Ampanihy. "Vivre contre nourriture" telle est l'approche du Pam à travers le soutien des Ong Crs et Kiomba Asos. En plus, 69 pistes rurales dont 24 à Ambovombe, 20 à Tsihombe, 5 à Amboasary et 24 à Ampanihy ont été désensablées.
Dans le domaine de l'éducation, les cantines 280 écoles ont été ravitaillées par le Pam, sur les 51 000 bénéficiaires 49 000 étaient des enfants. En outre, 1000 enseignants et 700 cuisinières jouissaient aussi de cette faveur. C'est à partir de pesage des enfants dans les Csb 1 que la ration a été établie. Améliorer les infrastructures scolaires, réduire les taux de déperdition scolaire et mettre en exergue le système de contrôle et évaluation, tels sont les objectifs du Pam. Le Pam constate que les aides alimentaires sont encore insuffisantes pour atténuer la gravité de la situation alimentaire dans plupart des régions du Sud. Le SAP à la rescousse.
D'après le pronostic provisoire 2004 du Sap, système d'alerte précoce de la région d'Ambovombe-Androy 2004, la commune de Tsihombe est en difficultés alimentaires, c'est-à-dire la ration alimentaire minimum n'est pas assuré et le changement est si inquiétant. Maroarivo, Tranoroa, Marolinta, Tranovaho, Marovato, Faux-cap, Jafaro, Antanimora-Sud, Ambohimalaza, Marovato-Befeno, Ambonaivo, Ambanisarika, Ambovombe Sud, Erada et Tanandava-Sud sont déclarés en difficultés économiques sévères, à noter l'intensification des départs des hommes valides vers d'autres régions, l'observation d'un sévère changement de régime alimentaire même si la ration alimentaire minimum est encore assurée tandis que Beheloka, Soaserana, Soamanonga, Belafika-Haut, Ankilizato, Ankiliabo, Ampamanta, Andalatanosy, Antaritarika, Ambondro, Tranomaro, Ifotaka, Amboasary-Sud sont en difficultés économiques légères, c'est-à-dire un changement léger du régime alimentaire a été constaté et la ration alimentaire est assuré.
Le Sap constate un régime alimentaire médiocre dans la majorité des communes durant le premier semestre de l'année 2004. La consommation de fruits de cactus et de pastèques est très en vue dans la région d'Ambovombe surtout à Jafaro, Antanimora , Sihanamaro. Par contre, à Amboasary, le maîs, le manioc et le riz sont très consommés et le régime alimentaire est normal. C'est aussi le cas dans la commune de Bekily.
En somme, Kopoke, Tsihombe, Imongy, Marovato-Befeno, Sihanamaro, Ambazoa sont identifiées en difficultés alimentaires, 15 en difficultés économiques sévères, 8 en difficultés économiques légères, 55 classées en rien à signaler. 2000t d'aides alimentaires sont urgemment recommandée sinon la situation s'empire. 358 t de vivres pour les 13 245 personnes de Beloha, 829 t pour les 30 696 personnes de Tsihombe et 814 t pour les 30 133 personnes d'Ambovombe. Le Sap couvre actuellement 67 communes dans le sud de Madagascar. A cause des mauvaises productions successives de maïs dans la plupart de la zone Sap, cette dernière suggère la mise en place d'un stock de semences de maïs de variété locale. Ce stock peut être vendu aux populations au cas où les besoins en aliment sont si pressants. Les problèmes sur la situation alimentaire dans le sud deviennent de plus en plus chroniques et les bailleurs et les Ong qui y travaillent remuent parfois ciel et terre à les résoudre.
LE SUD-EST TOUJOURS SOUS LA MENACE DES CRIQUETS
Le grand Sud, c'est à Bekily où les criquets ne sont pas encore signalés. C'est à Tsihombe et Beloha où des dégâts dits modérés ont été constatés. Betioky, Ampanihy, Beloha et Amboasary sont les communes où le Centre national anti-acridien (Cna) a effectué de nombreux traitements terrestres sur les zones infestées de criquets. A Amboasary, 4 313 ha de superficie sur les 6000 ha infestés ont été traités et protégés. L'équipe du Cna traite actuellement la région d'Antaritarika, d'Ambondro et d'Ambovombe.
Pour le cas d'Ampanihy, les traitements terrestres anti-acridiens se poursuivent dans les communes d'Itampolo, de Beahitse et de Maniry tandis qu'à Beloha, les traitements entamés au cours du mois de février n'ont pu ralentir l'avancement des larves et jeunes ailés à Marolinta. Après cet avancement, des dégâts très importants ont été enregistrés sur le pâturage et le maïs.
Sur les niébés en fructification, des dégâts moyens dus à ces insectes sont signalés à Beloha, à Kopoke et à Tranovato. Quant à Tsihombe, des ailés et des larves sont signalés à Antaritarika où ces prédateurs ont causé des dégâts moyens sur la culture de maïs et les pâturages. Selon la source Sap, aucun traitement n'a été réalisé. A noter aussi la présence de chenilles déformatrices sur les patates douces. À Ambovombe, la présence des criquets appelés " nomadacris" est très importante à l'ouest de la commune. Des traitements terrestres ont été effectués à la mi-avril. A titre de rappel, le Sap, qui a été financé par la Commission européenne depuis 1996, collecte les informations sur les déprédateurs dans ses zones d'intervention et c'est le Cna qui agit en fonction de ces informations.
Tsiry Rakotosolofo (Stagiaire)


par © - L'Express - le 10-05-2004 commentaire - Rubrique : Société - LU 582 fois AddThis Social Bookmark Button



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