Atelier Strasbourg
La rencontre PCM 2005 qui a eu lieu à Strasbourg le 19 février 2005, a été organisée conjointement par les antennes locales de Enina et Hetsika Diaspora.
Après les discours de bienvenue de Jean de Dieu RANDRIANIAINA, délégué régional Enina Alsace, les explications des objectifs de la plateforme par Philippe RAJAONA, secrétaire général de Hetsika Diaspora France, les rappels méthodologiques de Michèle RAKOTOSON, Tafika RAKOTOMAVO et Alain TEHINDRAZANARIVELO, et le témoignage de Hervé ELIE MAROASY sur les ateliers de Bordeaux, les participants se sont divisés en quatre groupes comme à Bordeaux et Lyon:favoriser la croissance économique, réduire la pauvreté, garantir l’unité nationale et la stabilité politique, et questions générales.
Comme à Lyon, la réflexion s’est approfondie : notamment dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et l’unité nationale.
IL y a une constante dans le souci des participants :
Comment faire en sorte que toute la population puisse profiter d’une éventuelle embellie économique. Et la réponse a aussi été :commerce équitable, mise en réseau des connaissances, éducation de la population.
Des cas concrets y ont été disséqués
- La vanille
- Le riz
- Le développement rural et l’agri-business.
Le cas de la vanille et du riz sont exemplaires : :
La vanille est la première ressource de devises du pays, et elle est la base de toute l’économie de la Sava. C’est une monoculture peu compatible avec d’autres cultures, car elle demande beaucoup de soins. Il y a dans la récolte de la vanille des années fastes et des années catastrophiques. Or actuellement, elle rencontre de gros problèmes de mévente et de chutes des cours.
De même on peut voir de visu les difficultés inhérentes au riz actuellement.
Les deux ateliers qui ont discuté de ces problèmes ont recommandé :
Que pour la vanille les sociétés d’exportations soient de droit malgache, qu’y soient appliqués les règles du commerce équitable pour réduire les intermédiaires et assurer une meilleure répartition des revenus qui actuellement se chiffrent à 5% pour le agricultures…
Pour le riz refaire une structure de collecte nationale comme la « sinpa », et contrôler la transparence de l’importation du riz.
Il a été noté aussi que la microfinance peut-être une solution valable tout en mentionnant l’existence de structures comme l‘OTIV et le SIPEM.
Mais le gros problème actuel qui empêche un réel développement rural est le problème de l’insécurité, celui des armes qui circulent et la corruption.
Dans cette rencontre il a été aussi noté que la réalité malgache est une réalité inégalitaire entre les régions. Que cette inégalité économique peut être source de beaucoup de problèmes, notamment en terme d’unité nationale.
L’état de lieu économique doit être fait pour définir les priorités, voire des zones prioritaires, où les moyens adéquats seront donnés, sous réserve du suivi et du contrôle de l’utilisation de ces moyens.
Des propositions ont été faites :
Des propositions générales comme :
- le contrôle du prix du riz,
- la mise en place d’une politique foncière favorable aux agriculteurs,
- la mise en place d’aides pour les jeunes diplômés qui veulent créer cabinets privés ou PMI dans sa ville d’origine où là ou des besoins et des facilités existent et si ces aides existent un système d’information plus efficace pour que tout un chacun puisse accéder à ces informations.
dans ce cadre deux projets ont été soumis à la rencontre :
4. La construction d’un outil de promotion de projets.
et un projet d’Université libre où des entrepreneurs du secteur tertiaires assurent un cycle de cours, pour devenir des promoteurs de projets en agri-business et suivent les porteurs de projets.
Et des propositions plus locales comme :
- la création d’atelier privé de montage d’outils agricoles au sein de coopératives, projet dans lequel la diaspora pourrait s’impliquer
- la création de centres sportifs et culturels pour les jeunes urbains
- La création de centres de professionnalisation sportif et artistique d’envergure international
Il a été aussi été recommandé que des projets socio-culturels soient mis en œuvre pour que les malgaches puissent mieux se connaître, car la méconnaissance globale que les uns ont des autres peut être une source de nuisance pour l’unité nationale.
Pour renforcer l’unité nationale et prévenir les dérives, il a été proposé :
- que tous les moyens soient mis en oeuvre pour élargir la connaissance et le respect des us et coutumes des unes et des autres ethnies, la connaissance aussi des langues régionales, ( rencontres, colloques…) mais aussi et surtout :
- que soit enseignée l’histoire nationale malgache, c’est à dire celle de toutes les régions sans exclusive,
- que soit mise en place une politique éditoriale pour que toutes les recherches sur Madagascar soient éditées et diffusées dans de bonnes conditions, pour qu’elles puissent être accessibles au plus grand nombre et enseignées dans les écoles.
4. que soit mise en œuvre une politique de médiatisation de ces recherches, et surtout de l’histoire de la nation malgache, par notamment des programmes de radios éducatifs nationaux qui permettront à tout citoyen malgache de se développer culturellement, humainement, intellectuellement et que par sa connaissance de Madagascar et de toutes ses composantes, il se sente citoyen d’un pays et non plus seulement originaire d’une région. Des articles de vulgarisation de l’histoire malgache sont déjà faits dans des journaux nationaux, il faudrait mettre en place une politique de diffusion et de promotion pour que ces initiatives ne restent pas seulement individuelles, mais se fassent dans le cadre d’une politique nationale d’éducation du citoyen et qu’elles puissent un outil de connaissance de Madagascar dans son entièreté, sans occulter les périodes difficiles, sources de blessures et de rancoeurs. L’atelier a proposé des moyens grands publics comme des feuilletons radiophoniques historiques ou de vulgarisation ( tantaran’ny amin’iray sy sasany)
Une vulgarisation intelligente de l’histoire, des us et coutumes de la nation malgache permettra à tout un chacun de quitter la mentalité de « mila ravin’ahitra » quand on va dans une région autre que la sienne, et permettra aussi une connaissance mutuelle, qui permettra aussi de voir dans celui qui vient travailler dans la région un compatriote et non pas un étranger.
Car les différences ethniques ne constituent pas un frein au développement. C’est la manipulation de ce concept par des objectifs politiciens qui ont des conséquences déplorables pour le pays. Ceci peut amener à « l’ethnicisme. »
Aussi en terme d’éthique politique et de démocratie, il convient d’être ferme sur un certain nombre de points à savoir :
- La démocratie implique obligatoirement le respect des autres, et l’atelier unité nationale de Strasbourg adhère à la proposition de Lyon de proposer un délit « d’insulte ethnique »
- Dans ce cadre aussi, pour éviter et faire face aux dérives extrémistes possibles, l’atelier unité nationale recommande la vigilance des institutions de régulations des médias, notamment des radios, mais aussi et surtout leur neutralité.
Et de manière générale, des principes fondamentaux ont été dits :
La stabilité politique ce n’est pas rester au pouvoir pendant trente ans. Donc pour assurer une stabilité du pays, il faut comme conditions sine qua non :
1) Limiter le nombre de mandats,
2) Favoriser l’alternance démocratique.
B) L’alternance ne veut en aucun cas dire : coup d’état, interne ou externe, car stabilité rime avec démocratie, et démocratie exige des programmes clairs de tout postulant pour que la population puisse se déterminer sur un programme et non sur une personne, étant bien clair que démocratie ne veut pas dire « anarchie » (en malgache samy manao izay saim-pantany)
C) Le travail de lutte pour l’unité nationale doit se faire aussi dans la diaspora malgache en France, par l’organisation de rencontres régulières, de débats et par des projets collectifs en dehors de projets à visée politiques ou électoralistes.
Selon les locaux, c’est la première fois depuis des décennies, qu’une réunion de la Société civile rassemble des Malgaches de divers horizons et des amis de Madagascar.
Ce cycle d’ateliers à Nanterre se terminera par une rencontre,
à l’espace Maxime Gorki,
74 bd de Pesaro,
92 000, Nanterre,
le dimanche 27 février 2005, de 9 heures à 18 heures.
Cette rencontre se fera en deux parties
De 10h à 13 h, les membres de la diaspora de la région Ile de France et de ses environs vont tenir leurs propres ateliers. Et dans l’après-midi, à partir de 15h, les participants des 3 autres ateliers régionaux (Bordeaux, Lyon et Strasbourg) vont les rejoindre pour discuter ensemble des conclusions à donner aux travaux de chaque groupe.
Les points de contact de la Plateforme de Concertation pour Madagascar :
Les sites de référence :
Paris, 12 janvier 2005
Comité préparatoire de la PLATEFORME DE CONCERTATION POUR MADAGASCAR,
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