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JUDICIAIRE EN CRISE - RAVALOMANANA INTRAITABLE
Remarqués : le courroux de Marc Ravalomanana, durant son discours à Toliara, samedi, et le sourire satisfait de Lala Ratsiharovala.
Lors de son discours à toliara Ravalomanana met en garde les magistrats. Le chef de l’Etat a promis de " ne plus rien céder " aux magistrats syndiqués fomentant une grève générale illimitée.
Le président Marc Ravalomanana tape sur la table. " Au nom du chef de l’Etat et celui du président du Conseil supérieur des magistrats, je gèle les salaires des magistrats qui feront la grève ", a-t-il déclaré samedi à Toliara. Irrité par l’attitude des membres du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), le président Ravalomanana déclare la guerre aux magistrats syndiqués.
Sous la salve d’applaudissement de l’assistance, le locataire d’Ambohitsorohitra a assuré que " tous les tribunaux seront ouverts et fonctionneront lundi "." Ils n’auront plus rien ", a persiflé le président Marc Ravalomanana, visiblement monté contre le SMM et ses membres. Ces derniers ont déclaré " être en grève illimitée et sans service minimum jusqu’à la satisfaction de leurs revendications ", à partir d’aujourd’hui.
Répondant à la " loi de la majorité " invoquée par le SMM pour légitimer sa démarche, le locataire d’Ambohitsorohitra a mis dans la balance " les 17 millions de Malgaches " pour justifier son inflexibilité devant l’insistance du bureau syndical. L’attitude du SMM pour qui " le gouvernement a tout fait en 2004 " n’est pas du tout du goût du chef de l’Etat.
Tout comme sa ministre de la Justice, le chef de l’Etat a avoué son incompréhension de la situation. Alors que le gouvernement et " l’opinion internationale s’accordent à conclure que Madagascar est bien lancé dans la mise en place de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit ", cette décision de grève constitue un grain de sable dans la machine du régime. Du coup, elle “écorne l’image du pays " et contrecarre le processus entamé par le régime.
Motifs inavoués.
Le chef de l’Etat soupçonne, du coup, la manigance d’" une poignée d’irré-ductibles de magistrats qui ont peur de l’assainissement au sein de la Justice". Justifiant son argument à la suite d’une " conversation avec une personnalité à l’étranger, informée par les chancelleries ", le chef de l’Etat a évoqué " la peur de l’assainissement et la lutte contre la corruption au sein de la Justice ". Une déclaration qui corrobore l’affirmation de la Garde des sceaux, vendredi, insinuant " d’autres motifs " derrière cette grève.
Le chef de l’Etat ne supporte pas manifestement le bras de fer engagé par les magistrats syndiqués des fonctions judiciaires. " Faîtes comme bon vous semble, mais je vous préviens que je prendrai également ma responsabilité ", a prévenu le chef de l’Etat. La confrontation entre les deux parties a pris naissance depuis quelque temps. L’intervention de l’Assemblée nationale et du gouvernement l’a retardée, mais l’approche de l’échéance fixée par le SMM a précipité les choses.
Sentant la " gêne " causée par cette situation, le président Ravalomanana veut couper les herbes sous les pieds des magistrats en grève et étouffer dans l’œuf ce foyer de tension latente. Le corps, fine fleur des fonctionnaires, est en train de donner un mauvais exemple aux autres agents de l’Etat. Cette fois-ci, les tenants du pouvoir ne veulent pas donner un signe de faiblesse devant l’imminence de cette grève. " Le gouvernement ne va pas céder à toutes les revendications d’un corps", a insisté la ministre de la Justice, vendredi.
Un magistrat du tribunal d’Anosy a remarqué que " la grève des magistrats a toujours précédé la destitution du régime en place pour ne prendre que les exemples fournis par 1995 et 2001 ".
Iloniaina A.
par © - L'Express de Madagascar -
le 14-02-2005
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Rubrique : Société -
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