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BILLETS PÉRIMÉS - DE JUTEUSES OPÉRATIONS OCCULTES
De longues files vont se créer dès aujourd'hui devant les banques afin d'échanger les anciens billets.
Les anciens billets de 10 000 fmg et de 25 000 fmg quittent officiellement le circuit monétaire. Jusqu’en 2009, les opérations d’échange au guichet des banques feront le lit des escrocs et du blanchiment d’argent.
Depuis hier, c’est la queue auprès de la Banque centrale et de quelques banques. Les citoyens échangent leurs anciens billets de 10.000 et 25.000 FMG contre les nouvelles coupures libellées en Ariary. " Les échanges ont pris une journée d’avance chez la banque centrale. Les anciens billets ont encore cours " s’amuse Lala Randriamampionona, Directeur des opérations financières de la banque centrale.
Une semaine avant la date limite du 1er décembre, ce jour, de fréquentes altercations sont notées devant les étals, dans les petites épiceries et hier notamment, dans les taxibe. Beaucoup de receveurs refusent les anciens billets. " Ils n’ont plus cours " ou bien " on n’a pas le temps d’aller les changer ". Les queues témoignent d’une crainte générale de ne plus posséder que du papier sans valeur.
Des ruraux ont été repérés dans les files d’attente. Les langues se délient. " Un agent de sécurité m’a demandé de me faciliter le travail contre une commission ". Depuis deux jours des marchands et grossistes d’ Isotry et du quartier des 67ha, ont prévenu par affichage qu’ils n’acceptent aucun paiement avec les anciens billets. Il y a deux jours, un billet de dix mille francs est échangé à Alasora, dans la proche banlieue d’Antananarivo contre 7.500 FMG. On assiste à la résurgence des phénomènes accompagnateurs de toute démonétisation à Madagascar.
" L’escroquerie trouve toujours une faille dans une telle conjoncture " fait remarquer Lala Randriamampionona. L’éloignement des banques et l’ignorance font surtout des ravages dans les campagnes et les zones enclavées. Les escrocs font courir les rumeurs les plus folles et profitent de l’affolement pour effectuer de véritables razzias. Les paysans ne peuvent savoir qu’un échange est toujours possible auprès des banques et institutions financières jusqu’en 2005 et auprès de la banque centrale jusqu’en 2009.
Police, gendarmerie et services du fisc sont sur les dents. Les opérations de blanchiment d’argent sont dans leur collimateur. Il y a quelques jours à Toamasina, des individus ont fait l’objet d’enquêtes judiciaires. Elles convoyaient de très grosses sommes d’argent en espèces. Nombre de gros butins de vols organisés sont attendus aux guichets. Des personnes sont souvent sollicitées pour procéder à des échanges saucissonnés. A la fin de la crise 2002, les autorités ne sont pas allées jusqu’à la démonétisation pour couper tout financement à des manoeuvres présumées de déstabilisation.
Quoiqu’il en soit, l’Etat escompte sur l’énorme masse monétaire qui va sortir des bas de laine de la Nation. Des retombées sur le marché des investissements sont espérées. A moins que l’échange une fois effectuée, les nouvelles coupures ne prennent une fois de plus le chemin des bas de laine.
Vavah Rakotoarivonjy
par © - l'Express de Madagascar -
le 01-12-2004
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Rubrique : Economie -
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Commentaires
1 Le 28-12-2004 par paul
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