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Jaojoby Eusèbe le 26/11 au CCAC et le 02/12 à Paris
Comme l'a dit Guy Maurette, hier matin au Hilton, "nous n'allons pas vous faire l'injure de vous présenter cet immense auteur, compositeur, interprète, musicien, danseur...". Il s'agit de notre Jaojoby national, Mister Aoe ! et "ao isika mahita izy" qui, effectivement, donnera pour la première fois, deux concerts au Ccac, avec son équipe au grand complet. Certes, il était déjà monté sur la scène de ce centre culturel mais en tant qu'invité, participant et non en tant que Star de renommée planétaire qu'il est devenu, à force de travail acharné.
"Malagasy"
Quelles sont d'abord les dernières nouvelles ? "Originaire d'Amboangibe, province d'Antsiranana, de retour d'une tournée internationale en Europe, USA et Canada, le roi du salegy nous a présenté son 5ème album "Malagasy" (Ndlr : que nous avions déjà présenté dans nos colonnes). Celui-ci est distribué en Cd et K7 par la maison Mars. Après un parcours contrasté, Jaojoby est aujourd'hui une référence mondiale du Salegy qu'il a modernisé". Les instruments à cordes traditionnels ont été remplacés par la guitare électrique, la guitare basse et le clavier électronique. Seuls l'accordéon et la percussion traditionnelle ont gardé leurs lettres de noblesse". Ce texte, c'est le côté présentation ulta-rapide, faute de place dans le dernier programme du Ccac de novembre-décembre 2004. Hier matin, Jaojoby est allé au fond des choses, quoi. Des tas de sujets ont été abordés (sur ses instrumentistes, ses enfants les "Jaojoby Juniors"...), mais voici ce qu'il faut retenir.
Christian Mousset
"Malagasy", le 5ème album est un authentique engagement de l'artiste, un travail de sensibilisation pour promouvoir le civisme, la morale et remonter le moral : "Malgache, nous te faisons confiance... Les enfants des autres sont parvenus loin, pourquoi pas les nôtres ? La parole rend service...". Dans la chanson "Tany tsaratsara", Jaojoby et sa smala, pour un monde meilleur, prône la paix, l'amour, la tolérance, l'honnêteté. "Des valeurs dont nous avons le plus besoin actuellement. Mais je n'oublie pas le rôle de l'artiste qui est de divertir les enfants de la terre avec comme thème l'amour, l'amitié, la femme". Jaojoby adore les vocables : terriens, planète. Ainsi, pour lui, l'identité se base sur la notion de citoyenneté, de mondialisation et non plus sur l'ethnicisme ou le tribalisme préhistorique. Passons car, en aparté, Jaojoby nous a dit qu'en 2005, il n'appuiera plus les politiciens. Fini, terminé. Voilà une décision très sage et qui honore ce géant qui a eu la chance d'avoir été remarqué par Christian Mousset, Directeur du Festival Musiques Métisses d'Angoulême et découvreur de talents (Johnny Clegg, Césaria Evoria...) qui vient de créer le label "Marabi", après avoir fait les beaux jours du label "bleu Indigo" où Jaojoby, D'Gary, Rajery, Vaovy, Régis Gizavo peuvent être quelque peu connus à travers la "World Music".
26 novembre au Ccac
Il y aura beaucoup à dire à propos de cet ancien journaliste qui a vécu des hauts et des bas. Mais comme il n'a plus son temps à lui, allons au plus pressé. Ainsi, les 26 et 27 novembre 2004, à 19h, Jaojoby sera en concert au Ccac. Tarif unique : 4.000 Ar. Mais attention, on ne verra plus ce groupe jusqu'en 2005 car le dimanche 28 novembre, c'est encore un départ pour une série de tournées qui le mènera à Paris et sa banlieue, à Nantes, à Bourg-en-Bresse, à Marseille et à Bordeaux. Il sera de retour le 3 janvier 2005. Cette première au Ccac est donc incontournable pour savoir vraiment le pourquoi de l'engouement des foules outre-océan. En aparté, nous lui avons posé une seule question : Piratage, quelle(s) solution(s) ? " Il faut que le gouvernement donne des instructions permanentes pour que tout agent de l'Etat et tout fonctionnaire puissent poursuivre les contrevenants. L'Omda n'est pas la police. Au sujet du piratage, il existe une loi datant de 1984, du temps de la ministre Gisèle Rabesahala mais dont le décret n'a jamais vu le jour, jusqu'à aujourd'hui...". Pourquoi messieurs du gouvernement ? On attend la réponse même si la culture musicale n'a jamais été une priorité, lorsqu'elle est source de revenus mais complètement ignorée par... ignorance.

Jaojoby reprendra bientôt son bâton de pèlerin. Il quittera lundi Tana, accompagné de son groupe au grand complet, pour mettre le cap sur Paris, la capitale française. Le roi incontesté du salegy est, en fait, appelé à effectuer une tournée dans l’Hexagone. Il jouera le 2 décembre à la Maison de la Radio France. Un concert qui sera retransmis en direct sur Radio France.
La star du salegy débarquera le 3 décembre au festival Transmusicales de Rennes. " Il s’agit d’un important tremplin pour tous les artistes. En tout cas, c’est un festival qui m’intéresse ", souligne la star du salegy, informant, par ailleurs, que les responsables de ce grand rendez-vous du rock, du rap et du hip hop de France, lui ont fait savoir, par téléphone, avant-hier, que 8000 à 9000 billets de son concert sont déjà vendus. Son périple festivalier se poursuivra dans la banlieue parisienne. Jaojoby montera les 4 et 10 décembre sur la scène du festival Africolor. " On est programmé sur la scène Saint-Denis ", précise le chanteur, fier de poursuivre, sans être inquiété, son petit bonhomme de chemin dans le labyrinthe du showbiz international.
Il consacrera le reste de son séjour français à l’animation des soirées dansantes de la diaspora malgache : le 11 décembre à Nantes, le 24 décembre à Marseille (bal franco-malgache), et le 31 décembre à Bordeaux. Son retour au pays est prévu le 3 janvier
Steve Maniry
par © - Tribune, © - L'Express de Mada -
le 23-11-2004
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Rubrique : Culture -
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