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GRENADES À TOAMASINA - LE RIZ DEVIENT POLITIQUE
Reveil plutôt brutal pour les Tamataviens habitués à la quiétude.
Quatre grenades ont explosé la nuit de dimanche à Toamasina contre la résidence du PDS de la province et deux établissements du groupe TIKO. Les autorités concluent à des actes de déstabilisation sur fond de la crise du riz.
C’est de nouveau l’alerte dans la ville de Toamasina, après quelques mois d’accalmie. Des grenades ont explosé contre des cibles socio-politiques. Dimanche vers 21 heures trente, la première grenade a explosé dans la cité Valpinson, sur le toit du domicile privé du PDS Tsizaraina Emile. Deux autres ont été lancées à Ambohijafy-Salazamay, dans la cour de la société Magros du groupe Tiko aux environs de 23 heures. La dernière a atterri vers minuit, sur le toit du siège commun de la société TIKO et de la station de radiotélévision MBS en plein centre ville, dans le quartier d’Ambodisoanambo.
MALAISE
La gendarmerie estime " évidente " la thèse d’une déstabilisation politique liée à la pénurie du riz dans capitale de l’ancien fief de l’Amiral. Selon des correspondances particulières, la crise est réelle dans le Grand port. Le riz local a grimpé entre 8000 et 10.000 FMG le kilo sur les étals. Les autorités provinciales conduites par le PDS Tsizaraina Emile, ont bouclé hier les négociations avec les grossistes locaux. Le Grand port sera approvisionné dès aujourd’hui avec du riz à 3500 FMG le kilo. L’annonce a été officialisée hier dans l’après-midi.
Avant-hier, le chef de région Barnest Andriamiarantsoa avait engendré un certain malaise sur la télévision officielle locale. Il avait devancé les résultats des négociations auxquelles il n’avait pas participé et annoncé le réapprovisionnement en riz pour la journée d’hier. L’erreur avait engendré des " mouvements divers " et dans la foulée, indisposé des responsables.
Les sous préfectures périphériques, depuis Brickaville jusqu’à l’île Sainte-Marie, bénéficieront d’un millier de tonnes en urgence. Des " frais d’approche " ont été convenus avec les distributeurs, mais " cela n’entraînera pas des prix exorbitants " a rassuré Tsizaraina Emile. La lutte contre les manœuvres spéculatives ont été mises au point dans la même journée d’hier. La police économique et les services décentralisés du ministère du Commerce seront en première ligne.
PORTE A PORTE
En juillet dernier, les domiciles respectifs de Vony Roger, alors directeur général du port de Toamasin, mais régulièrement cité par les rumeurs du sérail comme " premier ministrable ", et du général Andriamihaja, responsable de la sécurité du Port, ont été victimes de jets de grenade. L’enquête est restée au point mort. La grenade contre le propre domicile du PDS revêt une coloration politique plus nette.
La dernière manifestation interdite du CRN à Toamasina a été dispersée à coups de grenades lacrymogènes. Le meeting suivant a été une réussite exceptionnelle, mais n’a pu être rééditée. Le subit réchauffement des relations du maire, Roland Ratsiraka, neveu de l’Amiral, avec le président de la république, continue d’entretenir un flou sur les relations avec l’opposition déclarée. Ceci expliquant sans doute cela. Les services de la gendarmerie affirment que la campagne de collecte de signatures du CRN ne semble pas très significative à Toamasina. " L’opposition avait annoncé faire du porte à porte ou le tour des bureaux. Aucun mouvement d’ampleur n’est pour l’instant noté ". Selon les observateurs, l’ancien ministre Fanony Fulgence ne réussit pas pour l’instant à convaincreet à rallier. Des bruits de couloir informent néanmoins que la conférence nationale de la réconciliation organisée par la CRN pourrait se tenir vers la mi-décembre à Toamasina
par © - L'Express de madagascar -
le 23-11-2004
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Rubrique : Société -
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Commentaires
1 Le 23-11-2004 par Haja RAKOTOZAFY
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