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Même rubriqueSollicité à plusieurs reprises par les médias à exprimer ses points de vue politique, il a toujours refusé, préférant plutôt se taire. Ce qui ne l’empêche pas quand l’occasion se présente, d’intervenir dès fois, par téléphone en tant que simple auditeur et citoyen et apporter des éclairages économiques ou financiers. Il s’agit de Herizo Razafimahaleo. Hier, interviewé par Radio Antsiva, il a malgré lui touché à quelques cordes politiques car la situation est grave en raison de cette hausse des prix du riz, premier produit de première nécessité et aliment de base de tous les Malgaches. A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle, a-t-il déclaré. Et puis, s’il fallait choisir, plutôt avoir à s’expliquer avec le Fonds monétaire international qu’avoir ses électeurs, ses administrés, hommes, femmes, enfants, sur son dos car ils crient famine.
Sans s’étaler sur les diverses situations vécues par le ménage malgache quant à ce prix record du riz blanc sur le marché malgré l’opération riz organisée par l’Etat, Herizo Razafimahaleo, très peu enclin à la démagogie et très positif, a fait des propositions. Déplorant la lenteur de la prise de décision puis la lenteur de la mise en œuvre de l’opération riz thaïlandais, Herizo propose que l’Etat achète, soit directement, soit par l’intermédiaire des opérateurs privés quelque 30.000 tonnes, pourquoi pas 50.000 tonnes de riz. Il y a en effet ces cargaisons de riz flottant. Pourquoi ne pas mettre le prix qu’il faut pour le transport car ce ne sont pas les bateaux qui manquent, ni le riz. Même si c’est un peu cher, c’est le prix de la vie des consommateurs et des électeurs ; mais que cette cargaison arrive rapidement et inonde le marché afin de provoquer la baisse du prix du riz. Une injection de 30.000 tonnes de riz blanc d’un seul coup sur le marché ne peut que casser le prix aujourd’hui pratiqué, soutient-il. A son avis, l’opération 100.000 tonnes de riz "fanjakana" pèche par sa lenteur et par sa fréquence irrégulière, entretenue ou non, justifiée ou non, indépendante de notre volonté ou non, mais néfaste et assassine. Une telle décision insiste-t-il, permet à l’Etat de maîtriser le prix indiqué.
Interpellé par Lalatiana R. quant à cet "Etat opérateur" qu’il propose alors que le temps est au désengagement de l’Etat ou au PPP, Herizo Razafimahaleo, un peu gêné a tout de même donné sa perception des choses. Il démystifie le système nébuleux du PPP dans cette opération riz thaï. Les quelques opérateurs impliqués directement ne seraient dans cette opération que des distributeurs physiques sinon une façade car finalement, c’est l’Etat qui a négocié l’opération avec les Thaïlandais ; c’est encore l’Etat qui subventionne pour maintenir le prix à 3.500 Fmg le kilo ; c’est l’Etat qui garantit l’opération de crédit auprès des banques. Comme dans tout le processus, l’Etat est présent et agit dans la recherche de fournisseurs, dans les négociations auprès des fournisseurs, dans la garantie des financements. On peut dire qu’en principe, c’est le riz du "fanjakana", a-t-il expliqué. Qu’est-ce à dire si ce n’est du riz subventionné ? Dans ce cas, pourquoi ne pas confier la distribution aux collectivités et il a cité les "fokontany" où, jusqu’à présent, la distribution n’a fait l’objet d’aucune critique.
Saisissant l’opportunité offerte par Lalatiana, Herizo Razafimahaleo a réitéré la justesse de sa politique présentée lors des propagandes électorales des présidentielles relative à la gestion de l’élasticité des prix du riz sur le marché. Dans cette question de riz importé et de production de riz local en effet, on soulève la contradiction qui ne peut que maintenir le prix du paddy à un niveau qui n’incite nullement le producteur à produire pour le marché. Et Herizo d’évoquer "sa taxe conjoncturelle". Une taxe doit être imposée au riz importé au moment des récoltes du riz et du "fararano" afin que le prix du paddy ne lèse ni le producteur, ni le consommateur. Cette taxe conjoncturelle doit être levée à partir du mois d’octobre ou novembre et durant la période de soudure pour ne pas entraver les opérations d’importation de riz des négociants et exposer la population à un risque de pénurie ou de hausse incroyable comme celle que le pays vit aujourd’hui.
Le problème est le transport
De l’avis de Magro rapporté par Radio Antsiva hier, il n’y a aucune pénurie de riz ; une affirmation confirmée par toutes les autorités gouvernementales. Mais le problème réside dans le transport de Toamasina vers Antananarivo. Le mode de transport choisi étant le chemin de fer, Madarail ne peut acheminer en 3 jours que 35 tonnes. Or il faut encore acheminer ce riz dans les autres régions. Par ailleurs, la même source nous apprend que ce problème de transport sévit également dans l’acheminement du riz de la Thaïlande vers Madagascar car les bateaux se font rares. Ce que dément Herizo Razafimahaleo qui soutient que le transporteur est un opérateur comme un autre et que si l’on y met le prix de l’urgence, le problème de transport est résolu. Et il rappelle que si les frais de transport n’étaient pas fixés d’avance, les transporteurs ne seraient pas réticents ; qu’ils soient des bateaux grecs ou russes ou autres ou qu’ils soient des camions avec ou sans remorque, comme c’est subventionné, pourquoi ne pas assurer convenablement l’approvisionnement de la population et subventionner ce surcoût au nom de l’urgence.
Selon le ministre du Commerce, Olivier Randrianarison, quelque 70.000 tonnes de riz seront déversés dans le pays dans deux semaines jusqu’à la fin de l’année. Il faut patienter car les difficultés actuelles ne sont que passagères. Il y aura 15 tonnes qui vont arriver à la fin du mois. Puis vers le milieu du mois de décembre, une autre cargaison et à la fin de l’année 30.000 autres tonnes. De janvier 2005 au mois de mars 2005, 60.000 tonnes de riz importé sont prévus.
Pour le gars de l'opposition, c'est l'incompétence des gouvernants qui a fait que le prix du riz s'affole et menace la population de famine. Pour le simple observateur et le citoyen de la rue, c'est plutôt la réapparition de Herizo, encore incisif et toujours proche du quotidien qui les a le plus touchés

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