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Pour une réduction de moitié de tous les impôts et taxes
Comme on l'a appris, la moitié de nos dettes extérieures, environ d'un montant de 2 milliards de dollars a été annulée car nous avons atteint le fameux point d'achèvement. Désormais, l'essentiel est de savoir comment l'Etat utiliserait ces 85 millions de dollars par an pour que cette annulation des dettes profite à tous les Malgaches, paysans ou citadins. Sur ce point, le député Saina Michel, un opposant pas comme les autres dans la mesure où il essaie toujours de proposer des solutions après ses critiques, livre ses points de vue.
D'abord, cet élu de Fénérive-Est interpelle le régime actuel en posant la question de savoir comment il avait utilisé en 2003 les 50 millions de dollars (50 millions de dollars avaient été déjà utilisés en 2001 par le gouvernement Tantely Andrianarivo) que Madagascar avait obtenu à titre d'essai dans le cadre du processus de l'IPPTE et après le point de decision. "Si je pose ainsi cette question, ce n'est pas pour le plaisir de remettre en cause tout ce qu'on avait fait, mais pour que les dirigeants actuels puissent prendre des leçons de l'échec du passé", souligne le député Saina Michel. Et lui d'ajouter : "L'échec dans la mise en œuvre de ce Filet de Sécurité d'une valeur de 100 milliards Fmg, qui n'était en fait qu'une goutte d'eau dans la mer, doit constituer un point de repère pour le gouvernement dans la conduite de sa politique de lutte contre la pauvreté."
Mais, quelles propositions suggère-t-il alors le député Saina Michel pour que ces 85 millions de dollars que Madagascar peut utiliser annuellement jusqu'à l'épuisement des 2 milliards de dollars puissent profiter à tout le monde ? Pour lui, on doit responsabiliser tout un chacun dans la gestion de son propre argent. "Et ce sera possible par l'allègement, c'est-à-dire la réduction de moitié, de toutes sortes d'impôts (IRSA, TVA, IBS, TUPP...) que les contribuables doivent au fisc et la détaxation totale du riz", précise notre interlocuteur. Autrement dit, en cette période de crise socio-économique sans précédent, le député Saina Michel veut inciter le gouvernement à adopter ce qu'il appelle une politique économique de relance, grâce à laquelle la Malaisie avait pu sauver en 1987 son économie sans l'appui de la Banque mondiale.
Cependant, notre interlocuteur connaît très pertinemment que toutes ces mesures qu'il vient de proposer seront certainement rejetées par la Banque mondiale car d'une part, elles entraîneront un déficit budgétaire et d'autre part ces 85 millions de dollars par an sont déjà prévus pour le PIP (Programme d'Investissement Public). "Mais, pourquoi ce régime en place ne peut-il pas défendre les intêrets directs du peuple malgache devant la Banque mondiale alors que le président de la République ne cesse de répéter là où il passe qu'il n'est pas dicté dans ses actions par ce gendarme international ?", s'interroge le député Saina Michel. Une manière pour ce co-fondateur de la SPDUN de défier le Chef de l'Etat s'il ose tenir tête aux "ordres" de la Banque mondiale pour le bien de son peuple.
par © - Madagascar Tribune -
le 05-11-2004
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Rubrique : Economie -
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