Pour 2004, la prévision effectuée en septembre de croissance de 5,3% reste assez optimiste malgré le passage du cyclone Elita et Gafilo.
Quant à la variation du déflateur du PIB, celle de 2003 avoisine 3% et s’explique par le retour à la normal après la crise de 2002 et celle de 2004, avec la dépréciation du taux de change, pourrait atteindre 11,8%, peut-on lire dans la dernière note de conjoncture disponible de l’Instat. Ce dernier mentionne d’ailleurs, en matière d’inflation, que la variation du dernier trimestre a connu une hausse de 7,3% dans l’ensemble (Avril 2004 à Juillet 2004). Cette hausse est marquée par l’augmentation des prix du carburant et du riz…
En d’autres termes, en 2003, le taux d’inflation a baissé. En 2004 une hausse du prix international des produits pétroliers est constatée et le franc malagasy s’est fortement déprécié entraînant une augmentation de l’inflation. En tout cas, depuis le début de l'année 2004, les prix à la consommation ont varié de 14,3%. Ces hausses sont généralisées à travers les produits mais elles sont très marquées pour les produits de première nécessité et les biens importés.
Il est vrai que dans le contexte économique et social difficile que connaît le pays depuis le début de l’année, les autorités monétaires ont adopté sans cesse de nouvelles mesures visant à contenir l’inflation. Ainsi, le 16 septembre, la Banque Centrale a de nouveau relevé son taux directeur à 16%. C’est également dans le cadre de la bonne gouvernance monétaire qu’un remaniement des textes et l’élaboration du nouveau code des changes sont en cours. L’objectif, ce faisant, est d’instituer un système de change efficace par le renforcement du contrôle de l’administration, par l’introduction de nouveaux instruments financiers, comme les opérations à terme, et enfin par la création d’un office des changes malgache (OCM) qui interviendrait en cas de défaillance structurelle.
Dans cette situation, dans les milieux des agents économiques voire consu- laires investisseurs, l’on laisse entendre que le taux d’inflation en glissement annuel à fin 2004 pourrait être contenu à 15% . Quant aux prévisions pour 2005, elles font état et d’une croissance réelle et d’une inflation devant osciller entre 5 et 7%.Soit. Mais force est de constater que dans la Grande Ile, il n’existe vraiment pas de politique de ciblage d’inflation.
De l’avis des analystes, en effet, pour mettre en place une politique de ciblage d’inflation, la Banque Centrale doit être indépendante. Et les partisans de l’indépendance de la Banque Centrale associent l’indépendance à la crédibilité de la politique monétaire qui se manifeste à travers une régulation dans la transparence plutôt que dans l’opacité, un engagement de la Banque Centrale dans la réalisation des objectifs de la politique monétaire avec plus de lisibilité et de réduction de l’incertitude, une cohérence des messages et une concordance des résultats sur le long terme. Concrètement, cette crédibilité peut être assurée par la fixation d’une règle monétaire optimale, définitive, et posée ex ante. Il faut qu’elle soit, d’une part, assez simple pour pouvoir être communiquée et contrôlée et, d’autre part, fondée sur une large gamme d’indicateurs (coûts de production, taux de change, niveau d’activité, structure des taux d’intérêt…).
Quant aux conditions à respecter pour la mise en œuvre de l’indépendance de la Banque Centrale, il importe de citer : l'obligation de rendre des comptes à travers des consultations régulières entre le Gouverneur et le Ministre des Finances, la publication des rapports réguliers sur la politique monétaire et l’inflation, les changements des taux d'intérêts directeurs et surtout la justification devant le Gouvernement, le Parlement et l’opinion publique, de toute décision / réalisation en matière de politique monétaire mise en œuvre par une Banque Centrale indépendante. Ce qui est encore loin d’être le cas à Madagascar.
En plus d’un mandat explicite donné par le Gouvernement à la Banque Centrale assorti de l’obligation de rendre compte, trois autres conditions doivent être remplies, soulignent encore les analystes. A savoir, la stabilité macroéconomique, le développement du système financier et la performance des instruments de politique monétaire. 15 Quoi qu’il en soit, au regard des ces enseignements avancés par les analystes, la mise en œuvre d’une politique monétaire basée sur des cibles d’inflation à Madagascar s’impose actuellement Et ce étant donné que d’une part, l’inflation est mal maîtrisée à cause d’une politique monétaire peu prudente et que d’autre part, la stabilité du cadre macroéconomique est loin d’être assurée.
Par ailleurs, les conditions du ciblage d’inflation au pays ne sont pas encore réunies sinon ne sont pas en cours de mise en oeuvre à savoir l’adoption d’une nouvelle loi bancaire qui étend le champ de supervision de l’autorité monétaire nationale à toutes les institutions financières et l’amélioration des mécanismes de transmission de la politique monétaire ainsi que le renforcement et le développement du secteur financier, notamment le marché des capitaux, en vue de rationaliser le système de financement de l’économie et de maintenir la stabilité économique et financière.
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