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Même rubriqueContrairement à certaines analyses, le basculement du MID en continu depuis maintenant six jours n’a produit aucun changement sur la monnaie locale. L’euro s’échangeait toujours aux environs de 12.000 Fmg malgré une rallonge de la durée des transactions à plus de trois heures.
En fait, le MID en continu, rendu possible grâce aux logiciels « Reuters dealing » conçus par Reuters, marque un changement de méthode dans le fonctionnement des transactions des devises et n’a pas pour finalité de réguler le marché. Ces systèmes électroniques sont rapides et fiables. Ils sont réputés plus sécurisés car les informations circulent sur des réseaux privés. Ils offrent la possibilité au cambiste des banques de voir sur son écran la demande et l’offre, la mise en confrontation des ordres et la réalisation de la transaction. Ce processus permet de mettre les ordres face à face et de conclure automatiquement l’opération si les limites, prix et montants correspondent. Il est ainsi évident qu’une intervention strictement humaine, comme le système précédent, n’offre pas un degré de fiabilité, de rapidité et de réactivité suffisant, tout en étant énormément consommatrice de temps.
Avec le système de MID en continu, les opérations peuvent être conclues d’un pays à l’autre par l’intermédiaire de moyens de communications très rapides. Comme l’Internet, le marché des changes « ne se couche jamais ». La liquidité sur le marché des changes est par exemple maximale lorsque les places de Londres et New-York, les plus actives, sont ouvertes, tandis que celle-ci est minimale lorsque seules les places asiatiques sont ouvertes. Mais Madagascar est loin de connaître autant de mouvements de capitaux.
Seule la reprise effective des activités d’exportation pourraient rendre la santé à la monnaie nationale. Pour ce faire, le changement du système du MID en continu n’est qu’un adjuvant pour assurer la rapidité et la sécurité des transactions. Pour l’heure, les conditions essentielles pour relancer l’investissement ne sont pas encore réunies. Et, l’atteinte du point d’achèvement qui marque l’annulation des dettes extérieures pourrait lever l’attentisme actuel des opérateurs, qui doutent, pour le moment, de la performance économique de Madagascar.
La double cotation en euro et en dollar constitue par ailleurs, une autre innovation sur notre marché financier. Bien d’opérateurs se demandent d’ailleurs à ce propos le fait que le système n’ait pas été élargi à d’autres devises. Un importateur pétrolier nous a indiqué, du temps de l’application de l’euro en tant que devise pivot que c’est l’une des raisons, sinon la plus importante, qui fait grimper les prix à la pompe des carburants, compte tenu de la dévaluation de la monnaie locale par rapport à l’euro.
Maintenant que les importateurs pétroliers peuvent effectuer leurs transactions en dollars, d’autant que le Fmg se porte mieux par rapport au billet vert, l’on constate pourtant que les prix des carburants n’ont pas changé d’un iota, au contraire, la tendance est à la hausse. Est-ce à dire que les pétroliers ont augmenté leur marge ? D’ailleurs, on constate sur le MID que les cours du dollar ont été identiques durant ces trois derniers jours, le dollar coûtait exactement 10.356 Fmg avec 37 opérations de changes, qui peuvent être le fait des mêmes donneurs d’ordre. Au total, avec le MID en continu qui est d’ailleurs une des conditionnalités des bailleurs de fonds avant de valider le point d’achèvement, on a fait marcher la charrue avant les bœufs.
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