Articles
Investissements et souveraineté
Un article paru dans le Journal de l’Ile de la Réunion (JIR), sur le non paiement des dettes malgaches, au moment où le président français Jacques Chirac séjourne dans cette île sœur, est tombé comme un couperet hier, repris par un quotidien de la capitale.
Il s’agit en fait d’une analyse, propre à notre confrère de JIR ; mais le fait que ni Ambohitsorohitra, ni Mahazoarivo n’ait émis de communiqué officiel désavouant ces propos inquiète. On n’est certes pas alarmant, mais laisser circuler ce genre d’informations provoque une autre lecture des relations franco-malgaches.
Le soutien de la France à notre pays, pour avoir le fameux point d’achèvement, annoncé par le président Jacques Chirac lors de son passage dans la capitale est sûrement acquis, mais les véritables aides et appuis au redressement économique à la nation sont encore en attente. Cela dépend beaucoup plus de la part des investisseurs français. Ces derniers suivent attentivement l’évolution de nos décisions économiques. Au-delà des « liens historiques », ils insistent surtout sur la sécurité des investisseurs.
En d’autres manières, les investisseurs français, surtout ceux qui veulent s’installer dans le pays, ont encore peur d’une dérive monopolistique de la part de nos décideurs. Clairement, Madagascar doit présenter une politique qui rassure sur l’investissement. Celle-ci doit respecter minutieusement les principes de libéralisation, pour que de nouveaux véritables investisseurs français (à ne pas confondre avec les petits entrepreneurs et les Rmistes) s’installent dans le pays.
A ce domaine, le nouveau ministre de l’Industrialisation, du commerce et du développement du secteur privé Olivier Andrianarison a du pain sur la planche. Réussira-t-il à persuader les investisseurs ? Sa marge de manœuvre semble restreinte dans la conjoncture actuelle mais, ayant pu réaliser l’assainissement de l’IMI, en 1992, il paraît être l’homme rompu aux situations difficiles.
Malgré certaines innovations au Consulat d’Ambatomena, l’octroi de visa de séjour en terre française, surtout vers l’Ile de La Réunion envers les nationaux reste plus que jamais un point noir dans nos relations. Dans la même foulée, la coopération franco-malgache dans le domaine militaire (gendarmerie, police, Recamp,…) gêneraient la nouvelle génération d’officiers avides d’indépendance et de souveraineté.
En se déclarant ambassadeur de Madagascar auprès de l’Europe et des institutions internationales, Jacques Chirac, lors de son séjour en terre malgache, semble avoir voulu arrondir les angles. C’est peut-être pour cette raison qu’il fut accompagné par le responsable de la Cellule Afrique à l’Elysée, Michel De Bonnecorse. Celui-ci n’est pas un novice dans les affaires franco-malgaches, ayant été chef de la mission d’Aide et de la Coopération de l’Ambassade française à Antananarivo, durant les dernières années de la deuxième République.
Politiquement, Jacques Chirac s’est écarté de l’Amiral Ratsiraka, son ami d’antan et la clique de ce dernier en faveur de Marc Ravalomanana. Désormais, les deux personnes peuvent se contacter sans intermédiaire et sont dans une parfaite entente.
En plus, pour des questions d’intérêts, Jacques Chirac ne peut pas délaisser Madagascar, comme Marc Ravalomanana ne peut pas tourner le dos à la France. Il y a trop d’intérêts français à Madagascar. Et entre quelqu’un qui défend les intérêts de la France et un autre qui est un homme d’affaires, on ne peut que bien s’entendre. Il ne faudrait pas s’étonner si Tiko, un label malgache, s’exporte un jour en France.
par © - La Gazette -
le 04-08-2004
-
Rubrique : Economie -
LU 276 fois
Commentaires
Aucun commentaire posté.
Ajouter un commentaire