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Une Chinoise, fraîchement débarquée dans le pays et originaire de la ville de Dalian (province de Chine), a dîné récemment au restaurant Hengxiu à Behoririka. Là où a commencé son calvaire pour avoir accepté d’être embarquée dans la galère des trafics de visa qui, d’ailleurs, n’ont jamais cessé d’agiter la communauté chinoise installée dans notre pays. En effet, selon ses dires hier, en attendant la suite de la plainte qu’elle a déposée, Song Hengzhi, le propriétaire de ce restaurant, lui a demandé si elle voulait avoir, dans un délai record, un visa de séjour définitif à Madagascar car il a le bras long pour ce faire. Alors la dame en question s’est laissée tenter par cette offre plutôt alléchante d’autant plus que le restaurateur vient de la même ville qu’elle. Par la suite, les deux parties se sont données rendez-vous pour permettre à la Chinoise de remettre son passeport à Song Hengzhi avec la somme convenue de 4 millions Fmg (convenue entre eux) à titre d’avance sur tous les frais, les 4 autres millions restants n’étant à payer qu’une fois le visa obtenu. Ce fut Lihong, l’épouse du restaurateur chinois, qui avait reçu l’enveloppe et le passeport tout comme ce fut elle qui avait délivré une décharge écrite et signée en langue… chinoise. Par la suite, Song Hengzhi a également fait payer 500 000 Fmg, pour les frais d’établissement d’une carte professionnelle pour la victime, et 200 000 Fmg pour l’obtention d’un certificat de résidence. Deux pièces nécessaires pour la demande de visa. Une autre décharge, toujours en chinois, a été établie par ce restaurateur lors de la remise de ces sommes. Et le délai convenu entre les deux parties pour avoir ce visa était de 15 jours. Or, à la date indiquée, le dossier ne fut pas encore bouclé. Song Hengzhi a ainsi demandé à la victime de patienter 15 jours de plus. Bref, la Chinoise n’a rien vu venir, et elle a donc demandé les raisons au restaurateur. Un geste perçu par ce dernier comme une menace et qui l’a amené, à son tour, à menacer la dame d’expulsion immédiate, car il aurait, selon lui, des relations en haut lieu. Nullement ébranlée, la victime a quand même saisi la police. Ce qui a rendu le Chinois de Behoririka fou furieux, qui l’a carrément menacée de mort. “Il m’a dit que les Malgaches sont aussi pauvres qu’avec 2 millions, ils accepteront d’assassiner quelqu’un”, a-t-elle raconté. Quoi qu’il en soit, les époux restaurateurs à Behoririka n’ont pas daigné répondre aux convocations, pour enquête, de la police. Entre-temps, une haute personnalité de l’Etat (dont nous tairons le nom) est intervenu en leur faveur. Il a donc fallu à la victime saisir le Parquet d’Anosy pour avoir un mandat d’amener du couple. Au moment de l’arrestation, l’épouse (son mari étant absent) n’a pas voulu, dans un premier temps, obtempérer en citant le nom de son “protecteur” mais la police n’a rien voulu savoir. Et ce fut le lendemain que Song Hengzhi avait rejoint volontairement les locaux de la police, son épouse y étant déjà retenue depuis la veille. Durant l’enquête, cette dernière a nié avoir signé la décharge. Mais c’est le certificat de résidence, annexé au dossier de demande de visa, qui a trahi ces époux dans la mesure où l’adresse de la victime n’est autre que la leur. Bref, déférés au Parquet hier, Song Hengzhi et son épouse vont revenir à Anosy ce matin pour être présentés devant un juge d’instruction. La victime craint que la haute personnalité en question aille encore intervenir pour que ces époux échappent au mandat de dépôt. Mais ses proches restent confiants en la justice. Dans tous les cas, cette Chinoise est aussi coupable au même titre que les époux Hengzhi, car elle est expressément venue à Madagascar dans le but d’avoir un permis de séjour lui permettant de résider à Madagascar ou d’immigrer ensuite ailleurs… Tous des ripoux ! La police doit ainsi sévir contre cette dame, pour démanteler cette filière mafieuse des visas destinés aux Chinois. Notons que depuis le régime de Zafy Albert, chaque visa ou octroi de la nationalité est négocié entre 25 et 45 millions fmg. Beaucoup de personnalités malgaches en ont profité. Quoi qu’il en soit, le régime en place a grand intérêt à éradiquer ce réseau sino-malgache. Que fait le conseil national de lutte contre la corruption ?
Commentaires
1 Le 30-07-2004 par mboukou
2 Le 30-07-2004 par Baco mpira
3 Le 31-07-2004 par Diers
4 Le 31-07-2004 par marie-france
5 Le 05-08-2004 par FOURNOLS
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