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Même rubriqueL’organisation sociale, le progrès technologique et la croissance économique ont à l’évidence contribué à une amélioration des conditions matérielles de vie. Mais elles ont aussi favorisé surtout avec l’apparition des difficultés, la naissance d’un esprit individualiste, ce qui ne fait pas la part belle aux personnes âgées.
Le système familial ne laisse plus de structure pour prendre en charge les aînés. Dans un monde où règne le chacun pour soi, nombreux vieillards portent leur grand âge comme une guigne faute de pouvoir subvenir à leurs besoins basiques, logement et alimentation.
La pauvreté accentue encore plus l’aggravation de cette transformation sociale car « au chacun pour soi » se superpose l’instinct de survie dans « un sauve qui peut ». Même si dans l’ensemble l’opinion ne se scandalise pas de cette situation qui semble-t-il constitue un tribut à payer au progrès, le spectacle des vieux abandonnés dans la misère fait quand même tâche au tableau du développement social.
Les responsables se devaient d’entreprendre des gestes pour soulager de leur situation miséreuse les personnes âgées. Nul n’est besoin de revenir sur le ridicule niveau des pensions encore que les retraités peuvent être considérés comme privilégiés en rapport à la majorité de la population de cette tranche d’âge qui ne dispose d’aucun revenu.
Le petit nombre d’hospices pour donner asile à ces personnes sans ressources ne constitue qu’une goutte d’eau en rapport à la marée des aînées en errance. L’idée d’instituer une carte verte est apparue sans doute dans de bonnes intentions.
Pour l’instant cette carte verte n’a pas fait preuve d’une grande efficacité, elle ne restera qu’un geste quasi de démagogie tant que les responsables n’auront pas négocié et abouti à des conventions fermes avec les prestataires de service (santé, transport, alimentation), conventions qui ne peuvent être sans que les initiateurs mettent aussi leur part dans cette générosité. La générosité que l’on épingle à son tableau mais faite au compte d’autrui, ressemble à une escroquerie tout au moins morale.
Considérant peut-être l’inanité de la carte verte, tout en retenant la formule pour assister les personnes âgées dans leur détresse, la Commune Urbaine d’Antananarivo a initié la distribution d’une carte de couleur différente. Selon les responsables de cette carte orange, les négociations faites auprès des prestataires garantissent aux titulaires des cartes un accès à des tarifs préférentiels auprès des prestataires désignés et identifiés dans le secteur de la santé comme dans la distribution des produits alimentaires de base.
Il va de soi que la Commune Urbaine d’Antananarivo a consenti dans son budget des crédits pour compenser ou tout au moins pour contribuer en partie aux gestes de solidarité exprimés par ces prestataires. Dans une société qui favorise de plus en plus une tendance vers l’individualisme, les individus trouvent cependant intérêts à se regrouper pour défendre ou revendiquer leur droit.
La contradiction entre l’individualisme et l’obligation de regroupement favorise un mouvement pour équilibrer le progrès, le dynamisme du tissu associatif participe et témoigne souvent d’une bonne marche vers le progrès. La recherche des bonnes solutions nécessite à l’évidence une large consultation des intéressés organisés en association ou regroupement comme interlocuteur ou partenaire des détenteurs du pouvoir avant la prise de décision.
L’association des « zokiolona » a ainsi informé de leurs besoins basiques les autorités municipales afin que celles-ci puissent ajuster leurs actions pour transformer les intentions en initiatives efficaces dans le but recherché.
La Lettre du Mercredi 118
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