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Même rubriqueA constater la surpopulation dans les prisons on serait tenté de croire qu’aucun effort n’a été fait dans ce sens. Or manifestement, le ministère de la Justice avec l’appui efficace de l’Union Européenne a entrepris des dispositions presque révolutionnaires pour accélérer le rythme de l’instruction des dossiers pénaux.
Pratiquement les retards accumulés pour instruire et juger des affaires pénales en suspens ont été résorbés et de plus la cadence de la procédure entre la commission d’une infraction et la décision de justice atteint actuellement les normes que l’on peut qualifier de tolérables et justes. Et pourtant la surpopulation demeure et les nouvelles constructions de centres de détention semblent déjà ne pas suffire pour y apporter un remède efficace.
Cette situation s’explique d’après les observateurs et autres spécialistes en raison d’un taux de croissance des infractions de plus en plus accentué. Il va de soi que ce nombre va croissant plus la population augmente.
Mais le taux s’amplifie aussi en raison peut-être des poursuites de mieux en mieux organisées mais surtout à cause d’une recrudescence de la petite délinquance et d’une tendance croissante du grand banditisme. Dans les centres de détention, la situation de surpopulation s’aggrave aussi d’un taux de mortalité en hausse.
L’association Médicalisation et Aides aux Prisonniers (MEDICAP) effectue semestriellement un rapport dans lequel on constate un doublement du nombre de décès, sept pour le mois de Novembre 2007, quatorze en Juin 2008. D’après le dernier rapport, les détenus souffrent gravement de malnutrition et leurs rations sont pourtant en baisse.
Entre Décembre 2007 et Juin 2008, le pourcentage de malnutrition est passé de 13 à 15%. Les autorités responsables du service pénitencier tentent de rassurer en affirmant que cette situation a été provoquée par un dysfonctionnement administratif ponctuel dans l’acheminement des provisions pour alimenter les stocks.
MEDICAP relève comme cause de cette dénutrition la suspension des aides par des associations caritatives comme le Catholique Relief Service (CRS) qui ont apporté une contribution non négligeable pour la sécurité alimentaire. Dans son programme Safety Net le CRS apportait par mois pour chaque détenu 8kg de farine de maïs et 1 litre d’huile alimentaire, ce qui n’est pas rien dans une ration estimée actuellement à 750g jour.
Et pourtant le Catholique Relief Service n’envisage pas pour le moment la reprise de ce programme même si il ne confirme pas comme définitive cette cessation actuelle.
La Lettre du Mercredi 118
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