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Les renseignements financiers et la vie politique : Sans garanti de neutralité

Al’origine le service de renseignement financier répond à un souci de traquer le blanchiment d’argent. La lutte menée contre l’argent sale est considérée comme une arme essentielle par le cartel des pays qui mène une guerre contre le terrorisme suspecté de tirer ses ressources en détournant une partie des produits de la drogue et de la prostitution internationale.

Ayant adhéré à la lutte entreprise contre le terrorisme, Madagascar se devait d’instituer des structures pour combattre le blanchiment d’argent. La nouvelle institution appelée familièrement SAMIFIN, mise en service lors d’une cérémonie présidée par le Chef de l’Etat ne peut pas faire un tri entre l’argent sale du banditisme international et l’argent sale du banditisme local perpétré par des cols blancs ou par des mains qui ont trempé dans le sang.

Il n’est donc que naturel que le SAMIFIN porte son attention sur les masses d’argents qui dégagent une odeur suspecte. Les gens de l’opposition appréhendent toutefois une absence de neutralité qui favoriserait une velléité de lier la mauvaise odeur de l’argent à des personnes qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès du pouvoir.

Le Président Ravalomanana a révélé d’une manière claire que l’argent sale circule dans le pays et a mis en garde petits et gros malins qui ne seront plus à l’abri. Il n’est pas un secret qu’une masse d’argent échappe aux circuits bancaires et favorise des transactions sans satisfaire au système fiscal, en raison d’une pratique encore pleine d’énergie du secteur informel.

Cet argent noir n’est pas nécessairement de l’argent sale dans son sens propre puisqu’il n’est pas le produit d’activités criminelles ou délictueuses même coupable d’infraction fiscale. Les salaires de la corruption viennent aussi grossir le volume de l’argent sale.

Le SAMIFIN se trouve naturellement pour certaines affaires en relais avec le BIANCO concernant ces personnalités qui refusent de se soumettre à la déclaration des richesses, qui ont sûrement des biens à cacher dont il est nécessaire de traquer les mouvements. Malheureusement revenus du secteur informel et rentes de la corruption ne feront avec l’apparition du SAMIFIN que réaménager de façon plus profonde les circuits souterrains déjà organisés hors de portée des institutions financières qui constituent le réseau d’indics du SAMIFIN.

Benjamin Vaovao ancien sénateur, une des figures de l’AREMA dans l’opposition exprime clairement des craintes sur une utilisation purement politique du SAMIFIN et ne relève aucune balise pour protéger le simple citoyen comme les personnes politiques contre tout arbitraire vers lequel on pourrait orienter ce nouvel organe.

La Lettre du Mercredi 116


par LDM 116 - le 25-07-2008 commentaire - Rubrique : Politique - LU 94 fois AddThis Social Bookmark Button



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