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Même rubriqueRéunis à Antananarivo, les responsables de l’orientation dans l’enseignement catholique ont exprimé pour le moins une grande réserve concernant les réformes adoptées par le pouvoir public. Le fait d’annoncer que la décision définitive appartient au conseil des Evêques en Août semble n’être qu’une simple stratégie pour préparer l’opinion.
Du reste, le comportement façon saint Thomas pour dire que l’on patientera jusqu’au résultat démontré dans les régions pilotes, terrain d’essai, avant de se prononcer de façon ferme exprime suffisamment le doute. Les cathos prennent la précaution de ne pas rejeter en bloc les réformes adoptées par l’Etat.
Concernant la malgachisation ils évitent de polémiquer sur le choix de ce vocable «malgachisation» en en otant toute connotation nationaliste ou politiquement démagogique pour ne retenir que le côté pédagogique de l’utilisation du malgache comme langue d’enseignement. Cette prétendue réforme n’est en réalité qu’une confirmation officielle d’un usage naturellement pratiqué par les enseignants des petites classes dans les écoles catholiques comme dans la majorité des autres écoles.
Le plus clair du temps maîtresses et maîtres dispensent les leçons en malgache, décortiquent les explications dans la même langue et résument brièvement leur enseignement dans un français basique parfois approximatif. Les usages ont précédé la réforme, se conformer à celle-ci ne présentera donc aucune difficulté, et ne soulève a priori dans la pratique ni objection ni une quelconque forme d’inertie pour manifester une contrariété.
A l’inverse l’allongement du cycle primaire sur sept ans en sept classes suscite des réactions négatives. Nombreux enseignants et responsables de l’éducation autant que de parents appréhendent plus les troubles évidents que les avantages que l’on en espère et qui n’arrivent pas à convaincre.
Les catholiques sont davantage partisans d’un renforcement de l’enseignement jusqu’en septième et d’une révision du programme pour donner à l’instruction un contenu plus solide plus tonique et plus adapté à l’ère moderne. La réforme actuelle entraînera par ailleurs un changement de programme et d’orientation dans les classes supérieures de l’enseignement secondaire.
Cette réforme obligée ne saurait être entreprise ni de manière improvisée ni de façon unilatérale et c’est ainsi qu’ils ont émis sinon une condition menaçante tout au moins un souhait appuyé pour que l’on précède la réforme du secondaire d’un réel débat public et d’une véritable négociation entre professionnels investis dans l’enseignement.
La Lettre du Mercredi 116
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