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Même rubriqueLe gouvernement a annoncé une fermeté dans l’application draconienne des mesures anciennes et dans l’adoption de nouvelles pour mettre fin à l’hécatombe sur les routes. Entre les déclarations et les actes, les statistiques établiront soit une concordance soit un écart.
En cette période de vacances, les responsables de la sécurité routière redoublement sûrement de vigilance pour éviter que d’autres accidents aussi dramatiques ne viennent pointer d’un doigt accusateur inertie et laxisme coupables de tolérance irresponsable sur les indisciplines qui aggravent les dangers d’une circulation routière déjà périlleuse en soi en raison d’une densité importante par rapport aux conditions de la route. La Nationale 2 reliant Toamasina à Antananarivo nécessite encore plus de prudence puisque deux nouvelles activités importantes y apportent une surcharge de trafics.
La centrale hydraulique de la Jirama nécessite des pièces importantes notamment en tuyauterie de grand calibre dont l’acheminement s’organise par un ballet de gros transporteurs, cette nécessité ne durera qu’un temps. Par contre, la noria de camions transportant des clinkers débarqués à Toamasina pour alimenter de ce produit la cimenterie chinoise d’Ambohimanambola présente les risques de durée permanente et l’expérience prouve que la routine augmente les facteurs de risques.
Décidemment le secteur transport, en raison de son essor peut-être, accumule toutes les malchances. L’accident survenu lors de la démolition d’un hangar à Ivato n’a à proprement parler de relation directe avec la circulation aérienne, routière ou maritime, mais il concerne quand même le milieu du transport et pour preuve le ministre des Transports a été aux premières loges pour le constat des lieux comme pour présenter les condoléances aux familles des victimes.
Un accident idiot dont chacun se décharge de la responsabilité
Comme de nombreux accidents, celui-ci n’aurait pas dû se produire, c’est ce qui conduit à dire que l’accident est bête même lorsque les conséquences sont graves et tragiques. En la circonstance, six ouvriers ont péri, écrasés sous une dalle de plusieurs tonnes qui s’est effondrée.
Le chantier concerne la construction du nouvel aéroport d’Ivato et des nouveaux bâtiments d’aérogare pour y abriter les avions présidentiels des Chefs d’Etat lors du Sommet de l’Union Africaine prévu pour Juillet 2009. Mais pour construire en plus grand il faut démolir ce qui était plus petit et c’est là que s’est produit cet incident tragique d’un effondrement d’une dalle d’environ 20m carré.
Dans un premier temps tous les acteurs et décideurs tentent de se défiler en désignant la responsabilité de l’autre. Dans cette cascade d’irresponsabilité, étant donné la pratique courante du système de sous-traitance, le sous-traitant devient une cible toute désignée au bas de l’échelle.
Généralement, les entreprises de sous-traitance qui ne recueillent que des miettes même s’ils ont le fardeau de l’exécution des tâches les plus ingrates, tentent des acrobaties en rabiotant sur les salaires et en effectuant des raccourcis techniques pour réaliser leur contrat, parfois leur inconscience s’aggrave d’une absence de qualification technique. Dans cette tragédie d’Ivato, l’Entreprise Générale José supporte une lourde responsabilité, les ouvriers portent sur elle de graves accusations.
Elle aurait proposé des sursalaires pour effectuer la démolition et s’il n’y a pas eu davantage d’ouvriers pris au piège sous cette dalle, c’est simplement parce que nombreux se sont désisté faute d’un paiement de salaire à l’avance. D’après eux la proposition d’un salaire au-dessus de la normale s’explique par la volonté du patron d’éviter les charges d’une location d’engin pour réaliser ce travail.
L’ADEMA (Aéroport de Madagascar) par la voie de son directeur général a été le premier à se dégager de sa responsabilité en déclarant qu’une réunion de chantier deux jours auparavant, avait conclu à une interdiction d’entamer les travaux de démolition sans notification précise à ce sujet. Le gérant de l’entreprise maintient de son côté que ces ouvriers victimes, vêtus d’équipement neuf n’avaient pas reçu d’ordre pour procéder à une démolition immédiate.
Version que confirment du reste les responsables de la conduite des travaux qui en croisant ces ouvriers dans la matinée ont demandé à ceux-ci l’objet de leur présence sur le chantier, et s’il avait été question de commencer la démolition ils leur auraient signifier une interdiction formelle. Jusqu’à présent en l’absence de toute communication officielle, on s’interroge sur la mission exacte qu’avaient eue ces six victimes.
Enquête et instruction ont pris le relais pour faire la lumière donc pour le moment le noir s’impose. L’Etat, maître de l’ouvrage in fine, dans son rôle de «raiamandreny » a pris les devants des responsabilités et au-delà du «famangiana» traditionnel prend en charge les frais occasionnés par les funérailles.
Comme dans presque tous les domaines, l’accident n’empêche pas la vie de se poursuivre et le spectacle continue, les travaux pour l’élargissement des pistes ont reçu le top de départ par une cérémonie discrète qui s’est déroulée sous la présidence du ministre des Transports Pierrot Botozaza dès le lendemain de l’accident. Ayant à peine tourné le dos à Ivato, Pierrot Botozaza devait focaliser toute son attention sur un drame de la mer.
Naufrage de l’embarcation Tropicana II du côté du Cap Masoala
Relier Maroantsetra à Soanierana-Ivongo pour aller à Toamasina constitue une aventure impensable par la route, il faut patienter jusqu’à la réalisation des promesses présidentielles pour y songer sérieusement. En attendant, la voie maritime est la seule accessible pour une grande majorité vu le coût du transport aérien hors du pouvoir d’achat de celle-ci.
Dans cette région au départ de Soaierana-Ivongo vers Sainte-Marie comme vers Maroantsetra, la mer est pourtant mauvaise. Malgré l’expérience de son équipage Tropicana II qui assure la liaison, Maroantsetra – Soanierana-Ivongo est tombé en détresse le vendredi 11, l’alerte est lancée.
Comme l’embarcation a à son bord des passagers de nationalité malgache et taïwanaise, un avion taïwanais a épaulé la marine militaire malgache mobilisée pour effectuer les recherches. Samedi la vedette V12 de l’armée repère l’épave du Tropicana II et repêche deux survivants de nationalité malgache.
Pour le moment 11 personnes sont portées disparues. La présence de huit ressortissants taïwanais et d’un chinois interroge l’opinion.
Le service d’information et de la communication de l’armée indique qu’il s’agit de touristes accompagnés de leurs guides. L’agence de presse AFP annonce pourtant qu’à Taïwan les médias précisent qu’il s’agit d’hommes d’affaires ayant loués l’embarcation pour prospecter des zones de pêche.
A bord du Tropicana II, un homme d’affaire opérant à Madagascar depuis une dizaine d’années a lancé par téléphone satellitaire une alerte sur les avaries à son frère résidant à Taïwan.
La Lettre du Mercredi 115
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