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Financement du développement : 80% des investissements se font en monnaie locale

Pour étayer ses propos sur la nécessité de se débarrasser de la Banque mondiale et du FMI, l’économiste Jean-Jacques Ratsietison avance que 80% des investissements pour financer le développement se font en monnaie locale.

Invité par l’association Otrikafo samedi dernier pour une conférence sur la Banque mondiale, le FMI et l’appauvrissement, cet économiste avance qu’on paie en monnaie locale les emplois et les différentes prestations, la plupart des matériaux… Dans ce cas, il pense que le pays n’a pas besoin de s’endetter à perpétuité auprès de la Banque mondiale et du FMI.

D’ailleurs, ces deux institutions sont à ses yeux la source de la pauvreté dans les pays pauvres et notamment à Madagascar. Il pointe du doigt le change flottant institué au fort moment de l’ajustement structurel, lequel s’est traduit par une dépréciation continue de la monnaie locale et donc par une grosse perte en pouvoir d’achat pour les ménages.

La solution avancée par cet économiste porte sur la réinstauration du change fixe accompagnée du contrôle de change et la réévaluation de l’Ariary. A contre-courant Le raisonnement de Ratsietison va à contre-courant des théories véhiculées par la Banque mondiale et le FMI. Il faut toutefois noter, dit-il, que les pays qui n’ont pas accepté les mesures de ces institutions sont loin aujourd’hui. Il prend l’exemple de la Chine et de l’Inde. Il y a aussi les pays d’Amérique latine qui se sont défaits de la tutelle du FMI.

Mieux, 4 pays de la zone ont créé tout récemment une banque commune qui est une sorte de FMI. Mais si jamais, Madagascar veut adopter les solutions avancées par cet économiste, il doit faire preuve d’une grande volonté politique pour se débarrasser de ces bailleurs de fonds traditionnels. Sans cela, il affirme que le pays continue à ne pas jouir de sa souveraineté en matière monétaire et à s’enfoncer dans la pauvreté par la même occasion. Or, la Banque centrale a une liberté d’agir garantie par la Constitution mais d’après cet économiste, elle évolue selon les directives du FMI.

La Lettre du Mercredi 114


par LDM - 114 - le 14-07-2008 commentaire - Rubrique : Economie - LU 116 fois AddThis Social Bookmark Button



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