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Clôture de la session parlementaire : Le ballet institutionnel et les improvisations

La première session ordinaire du parlement en 2008 a produit un bilan honorable selon le président du Sénat dans le discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie de clôture.

Adoption des lois comme dans du beurre A l’Assemblée Nationale le bilan qu’aurait pu dresser son président Jacques Sylla n’a pas fourni tous les éléments voulu puisque en raison d’une convocation d’urgence de tous les parlementaires par la présidence de la République à Iavoloha, la cérémonie de clôture a été bousculée et le président de l’Assemblée Nationale réduit à écourter son intervention.

Le tableau qu’a dressé Yvan Randriasandratriniony président du Sénat peut cependant en donner une idée. Durant cette session la chambre haute a adopté 23 projets de loi dont un seul a fait l’objet d’amendement. De ce bilan le président du Sénat a dégagé comme conclusion l’harmonie réalisée entre l’exécutif et le législatif dans le concept et dans l’action pour mener à bien le développement.

Il est évident que d’autres points de vue peuvent apprécier différemment cette situation qui a tendance à confirmer la crainte d’une dérive vers une pensée unique sans balise et sans contre-pouvoir. Un député élu de Tolagnaro téméraire et solitaire essaie de donner le change à Tsimbazaza pour enlever à l’Assemblée Nationale cette couleur monochrome qui rend terne la représentation nationale.

Bruno Josvah se fait un honneur de ne pas avoir voté trois lois importantes. Il rejette le projet allongeant le cycle primaire de l’enseignement à sept ans. Le député de Tolagnaro estime que cette réforme ne sert pas l’intérêt des élèves en général et porte des risques de pénaliser davantage les enfants des couches les plus défavorisées en particulier. Dans un tout autre domaine cet économiste de formation a refusé de donner sa caution à la loi de Finance rectificative de 2008 et à la loi de règlement de l’exercice 2005.

Par ailleurs il émet toutes les réserves sur les mesures adoptées par l’exécutif pour faire face à la crise alimentaire, mesures qui de son avis ne sont que des recettes conjoncturelles alors qu’il est nécessaire de mettre des structures pour surmonter un mal en profondeur, la pauvreté. L’ambiguïté d’un équilibre des pouvoirs en faveur de la présidence Il y a eu déjà un antécédent, en 2004 la convocation des parlementaires par la présidence de la République a provoqué un remous et soulevé des objections dans l’opinion.

Au nom de la séparation des pouvoirs, selon la tradition française le Président de la République et le parlement ne disposent pas d’un espace pour communiquer directement entre eux. En France on y a remédié de façon formelle par une révision des textes et actuellement le Chef de l’Etat français peut s’adresser directement aux parlementaires des deux chambres réunies en Congrès.

Ici, point n’ait eu besoin d’une formulation officielle du genre pour que le Chef de l’Etat prenne cette initiative. Il y a eu certes une convocation officielle à laquelle presque tous les parlementaires ont accordé le caractère obligatoire mais à y bien regarder, la rencontre a pris une tournure informelle. Les observateurs ont considéré que malgré l’honneur qui leur a été fait on a un peu traité les parlementaires par-dessus la jambe.

Alors que les services de la présidence ont eu le temps de préparer les documents utiles à cette rencontre, les intéressés n’ont été avisés de la convocation qu’en dernière minute les obligeants à bousculer le programme déjà établi d’une haute institution. Aucune communication n’a évidemment pas précédé pour informer sur l’ordre du jour et le président de l’Assemblée Nationale lui-même s’est dérobé pour donner des éclaircissements sur l’objet de cette convocation.

Il semble selon des députés qui ont tenu à garder l’anonymat que le Président Ravalomanana a tenu à cette rencontre pour sensibiliser les parlementaires sur la nécessité d’une collaboration avec l’exécutif. Si l’on est réduit à des suppositions on peut penser avec un minimum de risque d’erreur que les financements du MAP et la préparation du Sommet de l’Union Africaine en Juillet 2009 ont tenu une grande place dans les propos que le Chef de l’Etat a partagés aux parlementaires.

Certains députés, ayant d’autres préoccupations ont profité de l’occasion pour en toucher mot au Président. Les députés se trouvent en effet dans une situation d’inéquité inconfortable tant du point de vue des privilégiés que de celui des handicapés du système : les élus Tim et ceux ralliés dans le groupe parlementaire ont obtenu chacun un véhicule 4x4, ce qui n’est pas le cas des 15 députés.

La Lettre du Mercredi 114


par LDM - 114 - le 14-07-2008 commentaire - Rubrique : Politique - LU 33 fois AddThis Social Bookmark Button



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