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Les partenaires institutionnels

Difficile interprétation concernant leur intervention

L’opinion ne parvient pas toujours à adhérer aux discours laudatifs que les bailleurs adressent à la conduite des affaires publiques. On serait tenté d’expliquer leur propos en public en les mettant sur le compte d’une stratégie purement diplomatique. Et lorsqu’ils accompagnent leurs discours par l’octroi de crédit et de financement, le grand public penche à croire qu’institutions internationales et gouvernements étrangers des pays partenaires ne disposent pas des réelles données les instruisant sur la situation.

A aller à de telle conclusion on risque de commettre pourtant des erreurs, puisque d’une part nombre de ces partenaires et plus particulièrement les institutions internationales possèdent sur les réalités présentes et mêmes passées du pays, les informations utiles parfois très pointues permettant d’établir stratégies et plans sur des objectifs bien ciblés.

Il est possible évidemment que le regard que porte le public diffère des considérations que concluent les experts et autres technocrates spécialisés en la matière. Il n’est pas exclu non plus que les partenaires possèdent des motivations différentes de celles du pays. Considérant les initiatives actuelles du pouvoir en place on peut penser qu’on possède en haut lieu une réelle considération de cet état de fait et que l’on parvienne avec bonheur soit pour sa vision personnelle soit au bénéfice du pays, à ruser pour actionner la concurrence entre partenaires ou même à mobiliser des complicités amicales.

A Tolagnaro, le projet PIC a fait l’objet publiquement et en présence d’un haut représentant de la Banque Mondiale, de marques de grande satisfaction en raison des résultats qu’il a permis d’obtenir. Dans l’enthousiasme, on a même déclaré qu’il s’agit là d’un projet unique au monde qui mérite d’être reproduit comme modèle dans d’autres pays. On ne saurait passer sous silence qu’une semaine auparavant dans « La lettre du mercredi » on a fait référence à un projet identique, Pôle de Croissance mis en oeuvre au Maroc. Parallèlement pourtant, la Banque Mondiale à Washington a rendu public les indicateurs de gouvernance tirés des études menées dans 212 pays et ces indicateurs ne sont pas nécessairement flatteurs en ce qui concerne Madagascar.

Une actualité toute aussi brûlante prouve tout un art à mobiliser des partenaires dans la réalisation d’un projet controversé dans l’opinion nationale. Par esprit de concurrence ou en geste d’amitié avec un clin d’oeil complice, la Chine a répondu au quart de tour comme si elle s’y était préparée pour la réalisation de ce village pour Chefs d’Etats africains. Sitôt dit, sitôt conclu, sitôt démarré par une cérémonie officielle d’un début de chantier.

A posteriori on pourrait ne voir dans les détaxes promises pour la construction de grands hôtels qu’une simple poire pour la soif au cas où…, ou qu’un simple chiffon rouge que l’on agite pour détourner l’attention des tractations engagées en coulisse. La transparence n’est pas toujours la meilleure des qualités pour assurer la réussite de négociation menée avec discrétion voire dans le secret.

La Lettre du Mercredi n°113


par LDM - 113 - le 10-07-2008 commentaire - Rubrique : Politique - LU 77 fois AddThis Social Bookmark Button



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