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Même rubriqueLes dirigeants et leurs partisans n’ont pas cessé de claironner ces derniers temps les réalisations de l’Etat en matière de croissance économique : taux de croissance à 6,3%, inflation maîtrisée à un chiffre, doublement des Investissements directs étrangers (IDE), etc. A plusieurs reprises, le président de la République imité immédiatement par le Premier ministre a exhorté les Malgaches à ne pas faire dans la modestie face à ces performances.
Mais en terme de développement, la réalité vécue quotidiennement par les Malgaches ne correspond pas à ces performances de croissance et de fondamentaux macroéconomiques.
La pauvreté connaît un «recul lent et fragile» selon le Rapport de suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). La semaine dernière lors de la fête de l’indépendance, la foule a certes envahi les marchés mais la plupart des gens n’avaient pas de quoi s’acheter des victuailles pour fêter dignement le 26 juin. La prolifération continue des petits commerçants dans les villes et tout au long de plusieurs routes nationales dénote aussi une pauvreté croissante.
Le développement, un laissé-pour-compte
La forte anémie qui frappe le pouvoir d’achat de la population, son bien-être, son alimentation, son éducation et bien d’autres choses liées à son développement socioéconomique sont occultés par les chiffres de la croissance économique, l’important flux d’IDE et les données macroéconomiques. Ces différentes données satisfont pleinement les bailleurs de fonds mais n’ont aucun impact sur le quotidien des 66% de Malgaches qui restent pauvres.
Même les opportunités d’investissement qui se présentent n’apportent pas grandchose aux locaux. Mal préparés à l’entrée des IDE, ces derniers n’ont pas reçu une formation solide et spécifique pour en profiter. La formation technique et professionnelle est le dernier cadet des soucis de l’Etat puisqu’elle ne reçoit même pas 1% du budget consacré à l’éducation.
Par ailleurs, les locaux subissent l’inflation que les IDE apportent dans leur sillage, sans parler de la recrudescence des maladies sexuellement transmissibles dans certaines zones où des projets financés par des IDE sont en cours de démarrage.
La Lettre du Mercredi n°113
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