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Même rubriqueUne étude très étendue est en cours
Financée par la Banque mondiale, une étude sur les différentes facettes de la filière canne à sucre, en tant que biocarburant et ses dérivés, est en cours. Cette étude comprend notamment le volet économique qui va de la plantation jusqu’à la production de biocarburant tiré de la canne à sucre. Elle porte aussi sur le volet social et environnemental. Cette étude ne se cantonne pas au secteur industriel de l’éthanol. Elle concerne surtout la filière dans sa dimension paysanne.
En effet, tous les coins du pays produisent du «toaka gasy» ou du rhum artisanal.
Selon le Centre national de recherche technologique et industrielle (CNRIT), ce produit peut déjà être appelé un biocarburant. Avec un taux d’éthanol oscillant entre 50 et 70°, cet alcool destiné à la consommation humaine et qui fait partie intégrante des traditions de plusieurs régions, peut également servir à cuire les aliments. Seulement, la loi en vigueur interdit encore la production et la distribution de «toaka gasy». Il faut attendre l’adoption du projet de loi sur le biocarburant pour lever cette interdiction et vulgariser ce produit en tant que biocarburant. Le défi Ce basculement constitue un grand défi.
En effet, 80% de l’énergie utilisée à Madagascar provient du bois de chauffe et du charbon de bois selon le bilan énergétique du ministère de l’Energie et des Mines. Il s’agit donc de faire basculer les ménages vers le bioéthanol au lieu d’utiliser le bois ou le charbon. Une telle perspective donnera un grand coup de frein à la déforestation. Il faut toutefois une stratégie bien claire agrémentée de mesures d’accompagnement pour réussir ce défi. Lesdites mesures devraient porter sur la production et la vulgarisation à grande échelle de foyers à éthanol, sur la technique de production aux normes de bioéthanol etc.
A titre de rappel, la vulgarisation de foyers améliorés à charbon depuis les années 90 ne contribue pas à freiner la déforestation. Cette mesure a été mal accompagnée voire abandonnée par les structures publiques en cours de route. Les copies de foyers améliorés ne sont pas toujours conformes à l’original et l’économie recherchée en matière de charbon n’est pas atteinte.
La Lettre du Mercredi n°113
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