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Les artistes Malgaches dans l'air du temps

Les trois dernières années qui viennent de s’écouler ont marqué l’afflux de musiciens et artistes malgaches en Europe [en France particulièrement et aux Etats-Unis] pour se produire tandis que d’autres, eux-mêmes ayant migré bien avant et opté pour vivre en exil continuent de pratiquer leurs arts avec plus ou moins d’échos.

Le kaiamba [hochet à 2 noeuds], le valiha [cithare sur tuyau], la sodina [flûte en bambou], la kotra [clochette en bambou], le jejy [cithare sur bâton], le tam-tam ou djembe, le faray [hochet], l’amponga tapaka [tambourin] se mêlent à la guitare, aux claviers [orgue, piano, synthétiseur], à la batterie, au cuivre [trompette, saxophone] et à l’accordéon.

A tout cela s’ajoute la créativité débordante des malgaches qui avec des moyens modestes arrivent avec un mimétisme exorbitant à se livrer à des styles de musiques et de danses venus d’ailleurs : jazz, rap, blues, rock, gospel, soucouss, zouk, valse, dombolo etc.…

Pour un consommateur de musique vivant hors de Madagascar qu’il soit malgache ou non chercher un artiste, un musicien ou un groupe de Madagascar l’ oblige à aller à la rubrique/classification [file under] Musique du Monde [World Music] et de fouiller avec plus ou moins de chance ou plus ou moins de succès.

Toutefois, CD et DVD malgaches peuvent se trouver dans des lieux spécialisés : Fnac rayon musique du monde, vendeurs de disques Afrique/Caraïbes/Océan Indien, boutiques de produits malgaches «Sobika» à Paris, magasins de produits malgaches dans les grandes villes de province, sur internet «Amazon», Sobika.com, auprès des Sociétés de production «Laterit» et «Kanto» basées à Paris, aux entractes lors des spectacles et soirées.

Pour simplifier, il convient de rappeler la définition de Musique du monde, introduit dans les années 1980 pour un besoin de classer et de positionner ces articles lorsque mis en vente par l’industrie de la musique ; elle touche généralement toute forme de musique étrangère non occidentale= «le terme World music ou Musique du Monde englobe la musique traditionnelle [parfois appelée musique folklorique ou roots music] d’une culture définie, crée et jouée par les musiciens indigènes ou celle intimement guidée ou informée par une musique indigène de région ou d’origine délimitée.

Elle inclut aussi toute musique non-Occidentale [y compris la musique populaire non-Occidentale et la musique classique non- Occidentale]. La compagnie Globe Style Records, studio d’enregistrement basé à Londres et qui était venue à Madagascar en 1985 pour explorer nos musiques a brossé une dichotomie = traditional music et popular music.

La musique traditionnelle malagasy s’arrime autour des rites ancestraux et sont donc en symbiose avec les coutumes [funérailles, naissance, circoncision, retournement des morts, chants, complaintes, râles]. Les instruments cités ci-dessus y jouent leur rôle. La musique populaire malagasy en revanche est en grande partie jouée par des groupes et embrasse les danses rythmiques :le basesy de Diego Suarez dans le Nord-Est, le salegy [répandu sur les côtes et enfin sur le centre]’ le watsa-watsa [influence venue de Mozambique et de l’ex Congo-Zaïre], le tsapika [de Fort-Dauphin]’ le sigaoma [une variante de salegy d’ influence Sud-Africaine], le sega [patrimoine commun avec les îles voisines], le mbaqlanga venu d’Afrique du Sud.

D’autre part, des variétés de musique existent = kalon’ny fahiny [chants des ancêtres], zafin draony [aux allures de gospel et cantiques], sova ou vaky saova [basée sur la littérature orale « le hain-teny»], le tapolaka de Rossy [musique d’ambiance communicative].

Toutefois, il est difficile de voir les frontières et au final une musique et un instrument traditionnel sont librement aménagés au gré et au besoin des créateurs. Par exemple le kabaosy [petite guitare du terroir Ambositra/ Antsirabe/Fianar est utilisé par Dama, membre du groupe le plus populaire de l’île, le valiha est joué par Pasy, membre du groupe Lolo sy ny Tariny, ces deux ensemble de musiciens s’inspirant dans les années 1980 des richesses de la musique folklorique pour enrichir une partie de leur répertoire.

Des musiciens malgaches arrivent en masse en Europe ces derniers temps, ceux ayant choisi de vivre hors du pays natal se font remarquer pour montrer leur existence. Et curieusement en faisant le voyage inverse vers Madagascar, ils permettent de se refaire une santé [Erick Manana de Bordeaux en 2007, Rossy récemment au mois de Mai 2008].

A première vue, la liste des manifestations et des spectacles témoigne du dynamisme de la musique malgache : -le groupe Mahaleo en tournée pour clore son 35e anniversaire de passage à Genève, en France, aux Etats Unis et encore la France par exemple à Marseille le 30 Mai 2008 organisé par Media Consulting ; concert de Dedesse, Gasy Music, Lamako, Vero et Cynthia le 31 Mai 2008 à Nantes organisé par l’association Tambatra ; Bodo, Luke, Mahery à Orly le 6 Juin 2008 sous forme de diner-cabaret suivi de soirée dansante ; Tirika et Saya à Lyon le 7 Juin pour une soirée dansante ; Seheno le 12 Juin au New Morning ; Tarika Rebika et Ejema le 21 Juin avec l’association NTIC.

Notons que Le groupe Lolo sy ny Tariny s’est produit récemment à la Cigale Paris le 01/03/2008, idem pour Erick Manana en début d’année, Rossy est en tournée à Madagascar actuellement, Modeste de Londres s’est produit au British Museum le 30/05/, Tarika Rebika sera à Marseille le 21/06 et à Nanterre le 27/06, Kelly Rajerison et ses musiciens au Mon Tana le 21/06 avec l’association NTIC, Tinondia avec Ninie Doniah et ses musiciens étaient à Marseille le 07/05, Sayah à Marseille le 19/04, Fandrama et Lianah à Paris le 22/03.

Jaojoby et sa troupe seront à l’Olympia en Septembre. La liste pourrait être longue car les Rachel Ratsizafy [roots music, jazz, gospel],Gizavo [accordéoniste et chanteur-compositeur], NDgary [guitariste] sont toujours en activité. Nul doute, la finalité première est de vivre de son art et de son travail, l’argent est la motivation première, ensuite viennent l’ouverture vers d’autres horizons, être vu et repéré, échanger avec d’autres artistes sachant que la musique n’a pas de frontière et pourquoi pas être à l’affût d’un contrat avec une maison de disque, d’un festival, ou d’un sponsor…

A l’heure actuelle, très peu de musiciens malgaches peuvent s’enorgueillir de vivre pleinement de leurs prestations. Leur typologie varie entre amateur chevronné, pseudo-professionnel ou professionnel assumant d’autres activités. Les acteurs impliqués dans ces manifestations sont les producteurs ayant un vif intérêt à la culture malgache : Laterit Production basée à Paris [producteur et distributeurs de films, Cd, Dvd], Kanto Production basée à Paris [spectacles, Cd, DVD], Media consulting basée à Antananarivo [spectacles, sponsoring, événementiel], Kintana Production [idem], Marovoay Production[spectacles] à New York..

Les structures associatives ô combien nombreuses ne sont pas en reste et font appel à ces talents pour animer soirées, conférences, fêtes, rencontres en tout genre : associations Tambatra de la Loire Atlantique, la Maison de Madagascar de Toulouse et de Bordeaux pour ne citer que celles-là…

La Lettre du Mercredi


par LDM - 112 - le 01-07-2008 commentaire - Rubrique : Culture - LU 90 fois AddThis Social Bookmark Button



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