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Même rubriqueAlors que les bambins de 7ième planchaient pour leur premier diplôme, le CEPE, promis sans doute à être le dernier du genre, les parlementaires ont examiné le projet de loi portant sur l’allongement du primaire à sept années. Examiner est du reste un grand mot ici, tout autant peut-être qu’adopter, afin d’éviter les occasions de polémique il serait plus heureux d’utiliser le simple verbe voter.
Dès la rentrée de Septembre, si les textes d’application suivent, les élèves auront à se résoudre à rester sur les bancs du primaire pendant sept ans. Décret d’application, arrêté ministériel, note de service préciseront les détails de la sauce qui les attend, matières à étudier, contenu des programmes, sanctions des études…
Dans l’ensemble les résultats du CEPE peuvent servir d’argument pour justifier cette réforme, quand les taux de réussite taquinent les 75%, cela signifie bien que trois scolarisés sur quatre parviennent à maîtriser les connaissances qu’on leur dispense à l’école primaire. Les cuvées de 2007 – 2008 constituent en gros la génération de ceux qui ont commencé l’école à l’avènement de Marc Ravalomanana dans les fonctions de président de la République.
Il faut justement revenir à la session des examens de 2003 pour constater un bond inexpliqué du taux de réussite qui va se maintenir et pour essayer toutefois de comprendre les raisons de ce progrès brutal. Même en admettant que le nouveau pouvoir ait pu mettre en place de façon musclée une nouvelle méthode d’enseignement avec effet durable, il est difficile de croire en des conséquences aussi miraculeuses en une seule année.
Juin 2001 sur 140 candidats d’une école primaire, neuf ont obtenus leur diplôme du CEPE. Juin 2003 toujours dans la même école avec le même nombre d’élèves présentés le taux de réussite a fait un bond avec une performance de 45% qui l’année suivante affichera 60%. Ces heureux élèves ont pourtant suivi durant leur trois voire quatre premières années de scolarité les méthodes d’enseignement installées tout au long des précédentes années, méthodes sans label de qualité dans les écoles publiques.
Ce n’est pas en un an que l’on peut réussir à opérer une transformation des jeunes esprits des élèves du primaire publique sur l’ensemble de l’île, autrement tout esprit critique devrait se résoudre à reconnaître que croire simplement suffit à faire des miracles. Parents, amis de l’école publique et même enseignants tentent de trouver des raisons admissibles pour expliquer le phénomène.
Certains, à l’examen des pièces justificatives, les sujets des épreuves, dénoncent un abaissement du niveau des examens, d’autres supposent des consignes autoritaires pour exiger des notes tolérantes de la part des correcteurs, les plus pessimistes conjuguent l’utilisation faite de ces deux recettes pour doper le taux de réussite et craignent pour l’avenir non seulement une perte de valeur des diplômes mais un couronnement hypocrite distribué pour sanctionner un enseignement organisé autour de la médiocrité.
Concernant les élèves des écoles publiques, puisqu’ici même si on traite de l’enseignement primaire, on considère particulièrement les élèves de l’école publique, appartenant en majorité à la classe la plus défavorisée et par ce fait les plus vulnérables à toutes réformes hasardeuses, Concernant ces élèves donc l’opinion se divise en deux camps : d’un côté ceux qui se nourrissent simplement de foi affirment leur conviction quant à la dispense d’un bon enseignement. D’un autre côté nombreux pensent qu’à l’issue du cycle primaire malgré l’obtention du CEPE un grand nombre ne maîtrise pas les connaissances basiques et que l’instruction acquise n’atteint pas un niveau médiocre.
La révolution annoncée ne changera pas grand-chose pour les enfants bénéficiant d’une scolarisation dans des normes plus ou moins acceptables que l’on trouve dans les écoles privées mais elle risque de pénaliser lourdement les enfants de l’école publique qui malgré l’apparence d’une sanction de scolarisation durant sept ans risquent d’y égarer le fond minimum de connaissance d’autant plus qu’une assassine disposition, redoublement zéro, grève lourdement le sort des enfants qui nécessitent plus de temps pour comprendre et apprendre non parce qu’ils sont moins doués mais tout simplement parce qu’ils ne disposent pas des conditions environnementales intellectuelles et matérielles et qu’ils n’ont pas l’avantage d’avoir connu le cadre d’un réel éveil.
Aléa jacta est !
En admettant qu’il n’y a eu que bonne intention, le pari mettant en jeu l’avenir des enfants ne témoigne pas d’une grande vertu. Il y a trop de risques quand on pense détenir tout seul la perspicacité et que l’on condamne le débat comme une manifestation d’opposition systématique.
La Lettre du Mercredi 112
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