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Même rubriqueDans les discours Madagascar se pose en champion de la détermination et des actions entreprises pour la protection de l’environnement. On ne peut pas ignorer les efforts consacrés pour la protection de l’environnement surtout lorsqu’on leur donne une considération spectaculaire et lorsqu’on les accompagne d’une large médiatisation en vue de sensibiliser tous les citoyens.
Mais on ne peut pas prétendre servir une cause en lâchant à la fois du lest à son contraire. La saisie d’une trentaine de tonnes de requin à bord d’un navire indonésien peut faire les choux gras de la presse, on doit relativiser cet incident. L’arraisonnement du bateau ne concerne pas du tout une infraction relative à une chasse d’une race protégée, il touche prosaïquement une infraction de type commercial un excédent de 11 tonnes sur une convention portant autorisation de pêche de 19 tonnes.
Le phénomène d’une cinquantaine de dauphins échoués sur la plage et du cinquantaine d’autres fatigués piégés dans la baie d’Antsohihy est plus alarmant. Naturellement les pouvoirs publics évitent de conclure rapidement sur les causes de ces accidents dont sont victimes les dauphins. Nul ne peut condamner cette prudence des gouvernants quant à faire siennes des conclusions hâtives.
Cependant, l’opinion par expérience se méfie des dispositions tardives du pouvoir lorsqu’apparaissent des phénomènes inhabituels. Le délai a semblé une excuse dilatoire pour différer l’aveu d’impuissance lorsqu’il s’est agi de la dengue ou de l’arbovirose des zébus. Ce délai a par contre favorisé le mal à s’étendre. Concernant l’hécatombe des dauphins, on peut espérer qu’il n’y a pas danger pour la santé humaine, danger que véhiculeraient les produits halieutiques capturés dans ces eaux qui ont été fatales aux dauphins.
Le phénomène fait cependant tâche sur cette image de la lutte pour la protection de l’environnement et inquiète malgré tout les riverains. Les observateurs avant toute conclusion des experts internationaux orientent leur soupçon sur les sondages à sonar effectués par un bateau d’Exxon Mobil comme à l’origine de l’affolement et de la mort des dauphins. Il y a comme un certain flottement pour déterminer la date d’apparition de la catastrophe et celle fixant le début des opérations menées par Exxon Mobil.
Les intérêts économiques en jeu ont une grande importance tant pour la société que pour le pays en cette période où le pétrole mérite de plus en plus son qualificatif d’or noir. Lorsque les enjeux représentent un volume considérable on ne peut s’étonner des recours à des mensonges de grande énormité. Pour protéger de gros intérêts proportionnellement le maquillage des dates n’auraient ici de valeur qu’à être des pêchés véniels.
La Lettre du Mercredi n°111
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