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Même rubriqueEntre outil de travail et instrument de pression
Déjà pour les députés qui n’appartiennent pas à la mouvance présidentielle c'est-à-dire les indépendants qui ne sont pas en mesure de montrer patte blanche dans leur soutien, l’attribution d’un nouveau véhicule 4x4 a été semée de mesures vexatoires. Alors que leurs collègues jouissant d’une présomption de fidélité ont été récompensés de cette dotation de véhicule avec promptitude, le délai d’attente a mis à l’épreuve la patience de ceux qui n’ont pas donné des signes de docilité.
Cette épreuve a peut-être aidé certains députés à recouvrer une forme de sagesse et à s’inscrire dans le groupe parlementaire le mieux désigné pour obtenir bons points et faveurs. Cette sorte de dysfonctionnement recherché cultive un brouillage dans l’équilibre des pouvoirs d’autant plus que ces véhicules mis à la disposition des parlementaires sont immatriculés au titre de présidence de la République.
Même s’il ne s’agit que d’avantage mineur, l’utilisation de ce véhicule peut toujours apparaître comme un moyen de pression. De part cette immatriculation, en théorie à tout moment la présidence de la République peut en retirer l’usage au parlementaire auquel on l’a affecté. Il est vrai que désormais les 4x4 ne sont plus propriétés des parlementaires, ceux-ci n’en ont usage que le temps de leur mandat. Cette disposition peut apparaître comme un progrès mais ce n’est qu’apparence.
Outre le déséquilibre provoqué dans le rapport des pouvoirs, cette mesure ne porte pas conséquence importante sur le budget de l’Etat. Même si le coût de cette opération ne fait pas l’objet d’une grande transparence et que les jeux d’écriture concernant l’imputation réelle de ces dépenses s’entourent d’une opacité prudente, les charges sont lourdes en rapport et au service rendu et au niveau de la pauvreté de la Nation.
D’un point de vue comptable il est difficile d’espérer des recettes conséquentes sur la valeur vénale de ces 4x4 au bout d’un mandat de 5 ans. Les mêmes considérations s’appliquent aux sénateurs si ce n’est que par leur titre de « sages » on peut leur accorder la présomption de prendre soin de leur véhicule en BPF (bon père de famille), mais leur mandat étant de six ans, ils en auront usage une année supplémentaire par rapport aux députés.
Tout compte fait la mesure ne vaut pas la chandelle de la médiatisation dont elle fait l’objet. Sous une forme démagogique, la nouvelle disposition n’a d’objet qu’à mettre à la botte sénateurs et députés.
La Lettre du Mercredi n°111
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