Madatsara : Tout Madagascar en un clic

Articles sur Madagascar

Articles

Les sacrifices ne sont pas garants d’une réelle lutte contre la pauvreté

Depuis son accession au pouvoir, Marc Ravalomanana n’a jamais cessé de manifester sa détermination à vaincre la pauvreté. D’avoir cru cette victoire facile, il a dû renoncer au qualificatif rapide en évitant de rappeler les échéances pour ne souligner que les étapes d’une longue bataille dont les gens ne ressentaient aucune conséquence positive dans leur lutte quotidienne.

Publiant son troisième manifeste qui traite de la période 1998 à 2008, d’une analyse des faits et réalités et des pistes de solution, le CONECS (Conseils National Economique et Social) une organisation qui affiche sa volonté d’appartenir à la société civile et se défend d’être un mouvement acteur dans l’arène politique, parvient à une conclusion sans concession sur une gouvernance vers une dérive d’appauvrissement. Une semaine faite d’odeur de poudre.

Herizo Razafimahaleo allume la mèche

Intervenant souvent lorsqu’il considère la situation plus grave qu’à l’ordinaire, et des initiatives inappropriées aux circonstances. En l’espèce rappelant que la crise mondiale risque de malmener les économies fragiles sur une longue période, une décennie selon les experts, Herizo Razafimahaleo prêche pour une restriction des dépenses de l’Etat qui vit sur un grand pied alors que la population se nourrit au biberon des sacrifices.

Le Président Ravalomanana rappelle souvent la nécessité de passer à l’action et l’obligation de ne pas se disperser en parole et en réunion, Herizo Razafimahaleo pointe du doigt les sessions à répétitions qui se déroulent à Iavoloha au frais de l’Etat. D’avoir participé en tant que ministre des Affaires étrangères à des réunions internationales d’importante ampleur, le président du Leader Fanilo estime pouvoir mesurer la somme d’efforts et de sacrifices que doit produire le pays pour organiser le Sommet de l’Union Africaine.

Considérant la conjoncture mondiale et la situation de pauvreté dans le pays, il juge inopportune l’organisation du Sommet et hasardeuse d’escompter sur les retombées. Plus hardi, Marc Ravalomanana considère frileuse cette attitude et que cette position ne relève pas d’un réel courage. Si Herizo Razafimahaleo a mis le feu au rideau qui masquait la frontière sur un pays partagé en deux, la fissure s’est déjà manifestée comme un fossé à l’occasion de la lettre du FFKM de Pentecôte.

La fracture ne se limite pas à l’arène politique, elle s’étend dans tout le pays avec des méandres à l’intérieur de toute la société. Cette déchirure déborde du terrain politique pour responsabiliser à son tour la société civile. Dans ce registre, le CONECS frappe à volonté de façon musclée et s’il prend des précautions pour rappeler qu’il n’agit pas sur le champ politique c’est tout simplement pour souligner qu’il n’intervient pas dans la lutte politicienne puisque fatalement il ne peut éviter de traiter de politique par le simple fait de dresser des bilans sur la conduite des affaires nationales et de proposer des solutions pour les problèmes qu’il constate.

Le CONECS dit tout haut ce que chacun vit en silence

En présence des chiffres officiels, le CONECS fait le choix d’un parti pris qu’il pense correspondre à la réalité en intitulant son premier chapitre «tableau de bord de la pauvreté» interdisant ainsi toute méprise avec d’éventuelle interprétation relative à un constat de développement. En dressant un état des lieux exhaustif allant de la gouvernance en passant en revue tous les secteurs d’activités en proposant à chaque fois une solution, le CONECS ne charge pas le bateau d’espoirs s’il faut persévérer dans le cap actuel.

Le CONECS puise sa détermination dans deux constats qui se contredisent : la population est pauvre, le pays possède des richesses. Il déplore l’incapacité à réussir le développement malgré de nombreuses promesses, de moult schémas de développement, des centaines de séminaires, d’ateliers et de sessions de formation.

Au-delà des prétentions oratoires on donne l’impression de faire du surplace en comparaison de certains pays africains qui ont connu plus grande crise, celle d’une vraie guerre civile : Tanzanie, Angola, Ouganda qui enregistrent d’autres progrès. Les divers constats consignés dans le manifeste du CONECS introduisent une conclusion sans appel sur la nécessité d’un changement de cap, les solutions avancées par le CONECS n’ont de valeur qu’à être des propositions qui ouvrent sur des débats.

L’état des lieux qui dresse un constat sur un mal vivre consécutif à une paupérisation en appelle à un ressaisissement dans la conduite des affaires publiques qui ne saurait se dispenser d’une restauration de la démocratie selon l’avis partagé dans le camp de ceux qui crient «stop» qu’ils soient de la classe politique, de la société civile ou simple particulier.

Ils mènent un même combat sans nécessairement afficher une volonté de créer des passerelles entre les espaces qu’ils se réservent pour mener le combat. La démocratie épinglée Nul ne se hasarde à poser directement le sujet «Démocratie», la question favoriserait davantage des faux fuyants en polémique que l’ouverture sur un véritable débat. Le pouvoir dispose en ce domaine d’une parade indiscutable, les élections à tous niveaux viennent de se dérouler sans manifestation de troubles, cqfd.

Pour contourner des discussions stériles les initiatives se concentrent sur la révision du Code électoral qui fait l’unanimité sur les faiblesses, révision sans cesse réclamée toujours promise à chaque fois différée quand arrive l’échéance annoncée. Reculer la réalisation d’une parole donnée, d’un engagement déclaré devient une méthode de gouverner d’après nombreux avis.

La Fédération des associations pour la défense des personnes handicapées dénonce par exemple le procédé, il y a plusieurs années de cela le Chef de l’Etat a adhéré le pays à la Convention internationale en faveur des handicapés mais l’absence d’une ratification de cette Convention par le parlement sanctionne celle-ci d’une privation de posséder force de loi, alors que cette semaine encore le Sénat a adopté des projets de loi portant sur la ratification d’un accord de coopération entre Madagascar et la Zambie et sur les amendements à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires.

Ce classement des priorités fait une belle jambe aux handicapés. Le code électoral, comme celui de la communication du reste, risque de trouver place au cimetière des priorités oubliées. La démocratie s’en va en lambeau sans fleur sans couronne craignent les partisans qui réclament un changement.

Mine de rien du côté de cette frontière, le discours se transforme. On ne s’y cantonne plus à émettre des critiques constructives ou destructives qu’importe, on s’achemine à grand pas à réclamer un changement sinon brutal tout au moins radical.

La Lettre du Mercredi 110


par LDM 110 - le 12-06-2008 commentaire - Rubrique : Société - LU 96 fois AddThis Social Bookmark Button



Commentaires

Aucun commentaire posté.

Ajouter un commentaire







Madatsara 2008 - Actualités Madagascar
Agencement et Intéractivité par Miss. Andy Andrianarivony
Conception et réalisation - Mentions légales -
Feedback Form