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Même rubriqueLe Chef de l’Etat n’a de cesse de pointer du doigt le pillage des ressources du pays. Il a déclaré la guerre à la pêche industrielle sauvage dont on évalue les butins à des centaines de millions de dollars, le Président a avancé la somme de 700 millions d’euros comme estimation de cette hémorragie de richesses, d’autres chiffres plus alarmants encore circulent au sein de la filière.
Prosaïquement et naïvement, des apprentis sorciers de la stratégie avancent des solutions à première vue simplistes. Si le montant de ces pertes reflète sérieusement la réalité, rien ne devrait interdire un passage à l’action, pourquoi se contenter d’une déclaration de guerre, lorsqu’on peut l’entreprendre et s’en doter les moyens.
L’Etat n’a peut-être pas dans ses caisses les crédits nécessaires pour s’équiper d’engins volants pour la surveillance et d’embarcations rapides pour l’arraisonnement des bâtiments pilleurs. A l’inverse l’Etat possède des capacités insoupçonnables de contracter des dettes, et actuellement il ne s’en prive pas même si les pouvoirs publics restent discrets voire secrets en ce domaine.
La recherche de financement pour organiser une défense efficace contre le pillage des mers serait d’autant plus aisée qu’un dossier à l’appui de chiffres sérieux sur les pertes dues à ce banditisme des océans, constituerait un dossier bancable avec les garanties d’un remboursement grâce aux saisies sur les prises frauduleuses. Au contraire des autres dettes, en la matière l’Etat n’hypothèquerait même pas l’avenir des générations futures, il peut s’autoriser à contracter comme l’on procède dans le secteur privé, un prêt à court ou moyen terme.
Cette solution est peut-être un peu trop simpliste qu’elle ne trouve pas client. A y bien réfléchir elle a pourtant des chances de se révéler d’une grande efficacité et c’est peut-être là que se trouve le nœud du problème. Moins spectaculaire qu’en ce qui concerne le secteur des céréales, la pêche traverse une réelle crise à l’échelon planétaire. Tout le monde ne trouve pas intérêt dans la disparition des zones libres de pillage.
La Lettre du Mercredi 110
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