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Même rubriqueLa fameuse approche AAH ou Alignement, Appropriation et Harmonisation issue de la déclaration de Paris est un vain mot, notamment dans le secteur routier. Elle permet pourtant aux pays pauvres d’élaborer eux-mêmes leurs stratégies de développement et de définir leurs propres priorités.
Aux bailleurs de fonds de s’y intégrer par la suite. A propos de cette nouvelle approche, le gouvernement s’est récemment félicité d’être pris en exemple en Afrique. Mais la réalité est tout autre. Lors du face-à-face entre les députés et Rolland Randriamampionona, ministre des Travaux publics la semaine dernière à Tsimbazaza, ce dernier a révélé que les bailleurs de fonds ne s’engageaient plus depuis quelques années dans la réhabilitation et la construction de routes rurales. Ils préfèrent financer ce qu’on appelle le réseau structurant.
Il s’agit des grandes routes nationales qui partent de la capitale. En fait, les partenaires financiers servent leurs propres intérêts. Ils s’occupent des routes par lesquelles les marchandises importées sont acheminées vers les consommateurs principaux, c'est-à-dire les grandes villes.
Mondialisation oblige
En fait, les bailleurs de fonds du secteur routier issus le plus souvent des pays riches servent l’intérêt de ces pays en se concentrant uniquement sur les grandes routes nationales. Les pistes rurales ne les intéressent pas parce que les paysans ne sont pas des grands consommateurs de produits importés. Et si le milieu rural se développe, ces paysans pourraient devenir un jour des concurrents de ces pays riches.
Il faut noter que les méga-subventions agricoles longtemps ancrées dans le paysage économique de ces pays seront démantelées bientôt sous la poussée des pays émer- gents membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les produits agricoles des pays riches affronteront donc la concurrence sans les artifices des subventions.
Ce n’est pas étonnant si des bailleurs de fonds cherchent la petite bête pour avancer le fonds pour les routes rurales. Ils imposent toutes les conditionnalités imaginables et possibles pour ne pas décaisser l’argent.
Résultat : les travaux pour les pistes et routes rurales sont effectués avec les maigres moyens de l’Etat. Or, la révolution verte ne peut avancer sans un réseau routier en bon état.
La Lettre du Mercredi 110
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