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Même rubriqueLa Communauté de développement de l’Afrique australe et orientale (SADC) pourrait financer l’installation de la centrale hydroélectrique d’Antetezambato près de Betafo pour 250 millions de dollars. Cette centrale est prévue fournir jusqu’à 210 MW. Des grosses pointures européennes de l’énergie vont investir dans une centrale également hydroélectrique sur la rivière de Lokoho dans la SAVA etc.
Bref, tout un tas de projets est en train de se mettre en place pour remédier aux problèmes de la Jirama et surtout pour répondre aux demandes en croissance. Mais la stratégie énergétique actuelle ne répond pas au contexte économique du pays. Elle est toujours axée sur la demande alors que cette approche n’a jamais réussi au pays depuis longtemps déjà. Les consommateurs en subissent la conséquence depuis 2005, date à laquelle la Jirama est entrée en crise.
Et on assiste maintenant à l’émergence de grands projets miniers très gourmands en énergie, alors que l’offre nationale ne suit plus la demande bien avant la période de construction de ces projets.
Révolutionner le secteur
De plus, la stratégie adoptée ne permet pas au pays de bénéficier de tarifs abordables. Si on prend l’exemple du projet de Lokoho dont l’énergie sera vendue à la Jirama, il coûtera 24 millions d’euros. Comme l’infrastructure sera cédée à l’Etat au bout de 25 ans, ce dernier remboursera donc le prêt de 18 millions d’euros, les 6 autres étant un don de l’Union européenne. Mais comme dans tous les projets de ce genre, c’est la Jirama qui paie puisque l’Etat lui rétrocède le prêt en question.
Et au bout de 25 ans, les 18 millions d’euros deviendront un montant colossal de 140 millions d’euros selon les calculs d’un cadre supérieur de la Jirama. Il trouve que c’est insensé d’autant que le prix de vente proposé à la Jirama par les initiateurs du projet approche celui pratiqué dans une centrale au gasoil. En principe, le prix de l’énergie hydroélectrique est 3 fois inférieur à celui de l’énergie thermique.
Pour permettre au gouvernement de décider en toute connaissance des causes, des vieux routiers du secteur estiment qu’il est temps de créer une entité interministérielle pour s’occuper uniquement de la stratégie énergétique à même de répondre effectivement aux besoins du pays. Ils pensent aussi qu’il est également temps de renouveler les concepteurs et développeurs du secteur qui s’arc-boutent sur leur approche dépassée par le contexte économique.
La Lettre du Mercredi 110
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