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Même rubriqueGrâce aux campagnes entreprises par l’Etat, par l’Unicef et par les associations et ONG, une grande partie de la population prend conscience du caractère contre-nature d’exiger des enfants un travail pénible. Les journées internationales consacrées à rappeler ce devoir d’épargner de travail les enfants demeurent cependant d’une nécessité de grande priorité.
Les chiffres sont têtus et les habitudes rendent aveugles. Un enfant sur trois à Madagascar travaille plus qu’il n’est permis. Le problème se noue justement autour de cette frontière entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Il apparaît tout naturel de condamner le travail salarié des enfants. Mais il semble que le concept diverge en ce qui concerne les tâches non salariées que l’on confie à des enfants dont certaines semblent abusives même si elles apparaissent comme inhérentes à l’appartenance et à la solidarité familiale d’un point de vue traditionnel.
Dans l’entendement des familles les plus démunies, moins on a de moyens plus les membres de la famille y compris les enfants doivent se partager les tâches domestiques, celles les plus dures y comprises.
Dans certains quartiers défavorisés, la population tend à rejeter jusqu’à se rebeller contre cette sensibilisation et contre ce rappel relatifs au travail des enfants. Les parents ne se gênent plus pour dire que c’est une histoire de riche qui ignore les difficultés des pauvres lorsqu’ils prêchent contre la solidarité familiale.
Ils envoient malgré tout leurs enfants assister aux manifestations de cette journée en espérant une distribution de bonbon et friandise pour les gosses ou au moins un spectacle pour ceux-ci et dans le pire des cas ça leur aura fait passer le temps. En ce domaine du travail des enfants, on a tendance à voir la paille dans l’oeil du voisin et à ignorer la poutre dans le sien tout simplement en se donnant bonne conscience.
Il existe encore à Madagascar et même ou surtout à Antananarivo de nombreux ménages d’aisance relative avec des chefs et mères de famille instruits qui salarient à bas prix des enfants mineurs pour les tâches ménagères en prenant prétexte de donner à ceux-ci une meilleure éducation et une meilleure instruction. Malgré le vocable «zanaka an-drano» (enfant de la maison) ces gosses ne sont jamais des enfants à part entière et ne bénéficient que d’une éducation et instruction entièrement à part, souvent une instruction à vitesse réduite et une éducation à l’asservissement.
La Lettre du Mercredi 109
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