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Préserver des vies sur les routes : Prévenir n’est jamais forcément guérir…

Parmi sa panoplie de journées et de semaines commémoratives, l’ONU inaugurait  fin Avril 2007 la première Semaine Mondiale pour la Sécurité Routière sous le slogan  « L’accident n’est pas une fatalité » et sur la thématique « des accidents de la  circulation qui sont un problème de santé publique mondial et un obstacle au développement  ».

L’édition 2008 ne semble pas rapporter un écho particulièrement significatif  sur la mortalité due aux accidents de véhicules. Pour l’année 2007, à l’échelle mondiale,  plus d’un million cinq cent mille morts sur les routes et un peu moins de la moitié  de victimes indirectes (infirmes à vie quand ce n’est pas à charge, familles laissées  sans ressources, pertes d’emploi, etc…). L’accident n’est certes pas une fatalité, mais  pour certaines de ces victimes, au même titre que la pauvreté, il suffisait parfois de  s’être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

Dans les pays développés ou il  existe une vraie sécurité sociale, cela correspond à des charges supplémentaires  publiques, et dans les moins développés à un surcroît de paupérisation produit par «  l’effet papillon ».  Si administrativement, la prévention est l’affaire des autorités de la sécurité routière,  elle relève de fait de la responsabilité aussi bien des constructeurs que des usagers de  la route, motorisés ou non ; la sécurité tenant autant à la prudence du conducteur qu’à  la fiabilité de la voiture, la tendance toujours actuelle qui a droit à la propagande la  mieux conçue reste pour les constructeurs l’amélioration de la sécurité.

On ne parle  plus que de bourrelets anti-choc, de volants rembourrés et réglables, de poignées de  portes encastrées, de rétroviseurs qui cèdent au moindre choc, de carrosseries composées  d’ éléments à résistance différenciée conçus pour absorber le maximum d’énergie  en s’écrasant, d’airbags frontaux et latéraux avec capteur de présence.

« La sécurité  active » est également à l’honneur, et les ateliers d’accidentologie des constructeurs  veillent à équiper les véhicules des technologies les plus avancées dans ce domaine : lemontage de barres stabilisatrices qui améliorent considérablement la tenue de route  s’est généralisée, systèmes ABS à capteurs actifs et répartiteurs électroniques de , freinage,  suspensions à double triangulation dérivées des voitures de compétition pour  offrir une meilleure précision de conduite et une maîtrise parfaite des trajectoires, et à  bras multiples pour optimiser la tenue de route, dispositif anti patinage ASR (Anti Slip  Regulation) empêchant les roues motrices de patiner en assurant une stabilité maximale,  et des petits raffinements utiles comme les capteurs de pluie qui commandent et  modifient automatiquement la cadence des essuies glaces en fonction de la quantité de  pluie présente sur le pare-brise.

Mais autant de raffinements et de prouesses techniques  qui viennent en fait optimiser le plaisir de rouler vite et jouir des sensations de  conduite avec plus de sécurité, car la vitesse reste l’un des attraits majeurs de l’automobile,  avec des accélérateurs électroniques permettant d’obtenir contrôle maximum  de la puissance et d’exploiter toute la capacité d’accélération du véhicule, des rapports  supplémentaires pour tirer pleinement parti du moteur, « overboosts », turbos, tout est  mis à contribution pour que la vitesse donne du plaisir.

Malgré la montée en demande  des voitures économiques qui apporte une justification relative à l’engouement pour  les 4x4 Diesel à consommation modérée, la tendance à l’augmentation de la puissance  des voitures n’a pas tellement régressé, soit par l’augmentation des cylindrées le plus  souvent, soit par l’amélioration de certains facteurs comme le dessin aérodynamique  des carrosseries, l’élévation du régime, … 

De quoi meurt on sur les routes ?  Il est patent que la vitesse provoque chez les jeunes notamment une griserie qui occulte  parfois toute prudence. En cas extrême, on se souvient d’un petit futé grand amateur  de « pointes » qui avait « gonflé » sa 205 Turbo avec un mélange de kérosène et  d’essence, et qui a effectivement décollé littéralement pour aller s’encastrer dans un  poteau électrique sur la route d’Anosizato, tuant quatre autres jeunes gens avides de  sensations fortes. Même si l’on observe certaine constance de la courbe ascendante des  taux de mortalité par accident de véhicules à moteur dans tous les groupes d’âges, plus  globalement, on a constaté dans la plupart des pays leur recrudescence dans les causes  de décès parmi les jeunes des groupes d’âges de 15 à 24 ans, accidents généralement  attribués aussi bien au manque d’expérience pour ce qui est de la conduite d’un véhicule  à moteur qu’aux effets de boisson alcooliques et à l’influence de l’alcool sur les  réflexes, une des premières causes répertoriées des accidents de la route. .

L’alcootest  serait en voie de faire son apparition dans le contrôle routiers à Madagasikara ; les  médecins se prononcent en majorité pour un taux d’alcoolémie maximum de 0,80 grs,  à moins d’un nouveau seuil d’indulgence, au-delà duquel ils estiment que les réflexes  du conducteur sont perturbés et qu’il constitue un danger au volant, quels que soient  son accoutumance, sa force physique ou son poids. Mais en tout état de cause, la Justice  aura toujours le dernier mot, et le magistrat est souverain pour décider s’il y a ou non  état d’ivresse, quel que soit le taux d’alcoolémie décelé, encore que de ce point de vue  juridique, la faculté d’appréciation se trouve restreinte suivant la gravité ou non de  l’accident et une prescription officielle du taux d’alcoolémie admis ; les agents de la  sécurité publique, quant à eux, se contentent de leur pifomètre pour établir leur procès  verbal. .

A part l’évidence de l’absence de la ceinture de sécurité, des causes plus subtiles,  admissibles ou non, peuvent être également à l’origine d’accidents mortels : aveuglement  brutal, certains conducteurs ne tenant aucun compte du danger que constitue  l’usage des feux de route et des feux de croisement qui doivent être utilisés selon le  code de la route « dans toutes les circonstances où cela est nécessaire pour ne pas  éblouir les autres usagers » par devant ou par derrière, une infraction passible de suspension  du permis de conduire, véhicules borgnes fréquents à Madagasikara, déficiences  physiques comme la nervosité, l’étourderie, la mauvaise interprétation des distances,  la fatigue, et aussi la méconnaissance de la voiture, beaucoup de conducteurs  ne sachant pas comment procéder devant certains incidents qui pourraient autrement  être sans gravité, tel l’éclatement d’un pneu où le chauffeur (ou la conductrice) se  cramponne au volant pour redresser la course zigzagante et freine à mort alors qu’il est  pratiquement impossible de stopper brusquement en ligne droite une voiture qui a un  pneu à plat, embardée assurée ; figurent aussi la méconnaissance du code de la route  et l’indiscipline, la griserie de la vitesse et de dépasser les autres, le « doublé » se considérant  comme offensé et accélérant à fond pour mettre ainsi le « dépasseur » en mauvaise  posture vis-à-vis de celui qui vient en face, ou encore les camions qui se suivent  et ne respectent pas la distance règlementaire permettant à un véhicule voulant dépasser  de réintégrer la file de circulation, parfois par simple souci de signifier la suprématie  des « éléphants » de la route

Les affections cardio-vasculaires sont également au nombre des causes d’accidents,  mais le malaise qui précède généralement une crise donne souvent au conducteur le  temps de s’arrêter ; de ce point de vue, la systématisation de l’astreinte aux visites  médicales pour les conducteurs de camions et de véhicules de transport en commun  est loin d’être observée, aussi bien que leur imposition automatique aux contrevenants  passibles d’une suspension du permis de conduire.

La Lettre du Mercredi 109


par LDM 109 - le 07-06-2008 commentaire - Rubrique : Société - LU 74 fois AddThis Social Bookmark Button



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