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Même rubriqueAprès la saison des pluies maintenant que les eaux se sont retirées, il est urgent d’envisager des mesures efficaces pour entreprendre une chasse sans merci contre l’écrevisse marbrée « procambarus» de son nom scientifique.
Très résistante, cruelle et vorace, elle est dévastatrice dans les eaux où elle loge. A l’inverse des autres espèces de crustacés décapodes d’eau douce, l’écrevisse marbrée ne se cantonne pas à vivre dans les eaux pures des rivières, elle s’adapte à proliférer dans les eaux stagnantes et même très boueuses voire infectes. Sa capacité d’adaptation la rend très résistante et très vigoureuse, prédatrice des autres crustacés d’espèce endémique des marécages et rizières.
Nuisible par nature, elle porte un champignon qui infecte et tue les autres crustacés et menace de disparition les sept espèces d’écrevisses qui peuplent les rivières du pays. Les écrevisses marbrées se singularisent par un taux de reproduction extraordinairement élevé. La population de cette espèce est composée exclusivement de femelles qui par deux pontes annuelles, de 800 oeufs à chaque ponte assurent par parthénogenèse (ovulation sans fécondation) une croissance exponentielle de l’espèce.
A brève échéance, le phénomène menace de se transformer en fléau. Les écrevisses marbrées ne font pas le tri, elles engloutissent les alvins, décimant des races de poisson et dans les rizières elles broient sans merci les racines des plants de riz jusqu’à diminuer de moitié l’espérance de récolte à certains endroits où elles ont trouvé refuge. Cette année elles ont déjà proliféré sur les hautes terres dans quatre régions : Analamanga, Bongolava, Itasy et Vakinakaratra.
Sur les étals dans les marchés de ces régions elles sont mises en vente à vil prix puisque des jeunes enfants qui n’ont pas peur de s’enfoncer dans les canaux et autres déverses des bas quartiers de la ville font des récoltes impressionnantes en une heure de temps. Malgré une campagne de mise en garde contre l’ingestion dangereuse de ces crustacés, en raison de la pauvreté une majeure partie de la population pauvre des zones semi-rurales dans les banlieues n’hésite pas à aller les pêcher pour améliorer le goût des maigres repas.
Seuls les riziculteurs qui font de ces écrevisses leurs ennemis refusent de s’en nourrir en racontant que même les cochons qu’ils élèvent dédaignent d’en bouffer. Il ne s’agit plus d’ergoter sur l’origine de l’introduction de ce fléau dans le pays même si les premières enquêtes favorisent l’introduction sans malveillance à une inadvertance dans les colis des engins et des techniciens débarqués en 2003 pour la construction du By-pass.
Tous les efforts sont conduits dans la recherche de moyens pour freiner la prolifération de cette espèce nuisible jusqu’à l’éradication totale. Identifiée la première fois en Louisiane, l’espèce a été repérée par la suite sur tous les continents. L’expérience des pays qui sont parvenus à contenir la propagation peut évidemment contribuer à l’étude d’une stratégie pour préserver au moins dans un premier temps les rizières en cette période de crise mondiale concernant les céréales.
La Lettre du Mercredi 109
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