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Grands investissements étrangers : Qu'ils ouvrent leur capital aux locaux

Cette suggestion est de Herintsalama Rajaonarivelo, président du groupement  patronal Fivmpama. C’était à la conférence organisée l’autre jour par la Chambre  de commerce et d’industrie d’Antananarivo sur les entreprises et l’intégration de  l’économie à travers l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne,  le COMESA et la SADC.

La proposition de cet opérateur économique est  comme une réponse à la polémique sur le recrutement massif de main d’oeuvre étrangère  effectuée par les grands projets miniers initiés à Madagascar.  A son avis, elle devrait permettre aux entreprises locales et à la Nation toute entière de  valoriser d’une manière optimale les ressources naturelles et de tirer pleinement profit  de ces projets. Mais l’ouverture de capital à des petites entreprises locales n’est pas une  habitude ancrée chez les multinationales. Au Venezuela et en Bolivie, la présence de  l’Etat ou de nationaux dans le capital des grands groupes de l’industrie extractive est  une exception. Combinée aux décisions intempestives de l’Etat, elle fait d’ailleurs fuir  les grands investisseurs. 

Cadre juridique et fiscal à préserver 

Madagascar ne connaît pas les tumultes des nationalisations qui soufflent dans ces  deux pays d’Amérique latine. Et apparemment, le gouvernement malgache n’a aucunement  l’intention d’adopter cette voie. Dernièrement, le Premier ministre a évoqué la  nécessité de préserver le cadre juridique et fiscal qui régit l’industrie extractive. Il fait  allusion à la Loi sur les grands investissements miniers (LGIM), laquelle accorde d’importantes  facilités fiscales aux grands projets miniers. De la stabilité de ce cadre dépend  les profits qu’on devrait tirer de ces projets (emplois, ressources fiscales, transfert de  technologies, etc.) 

Dans ce cas, l’ouverture de capital réclamée par le Fivmpama risque de ne recevoir  aucun écho. La LGIM n’en fait aucune mention, le Code minier non plus n’oblige pas  les investisseurs étrangers à ouvrir leur capital aux nationaux. Ces derniers doivent  donc chercher d’autres moyens pour profiter des retombées des grandes activités  minières. Ils ont à relever leur niveau de compétences et d’équipements pour se hisser  au rang de sous-traitants ou de partenaires de grande envergure de ces projets. Ce qui  est encore loin d’être le cas aujourd’hui.

La Lettre du Mercredi 109


par LDM 109 - le 07-06-2008 commentaire - Rubrique : Economie - LU 102 fois AddThis Social Bookmark Button



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