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Même rubriqueLes délestages font encore des ravages en province. Pour y remédier, la Jirama doit se résoudre à acheter des groupes électrogènes pour remplacer les centrales vétustes. Elle doit passer par cette solution qui coûte cher, notamment en exploitation.
En effet, le gasoil vaut de plus en plus cher même si la Jirama, en tant que gros consommateur, peut négocier les prix. Le prix à la vente de l’électricité issue d’une centrale à gasoil vaut 17 cents d’euros par kWh, contre 13 à 15 cents pour le fioul lourd et 5 cents pour l’hydroélectricité. Malgré tout, l’Etat presse la Jirama à venir à bout des délestages, un problème qui ne peut être résolu avec l’hydroélectricité. Cette énergie exige un lourd investissement au départ et un délai de 2 à 3 ans pour les installations.
Il faut toutefois rappeler que l’Etat n’a pas investi dans l’hydroélectricité depuis des décennies. De leur côté, des bailleurs de fonds ne sont pas pour l’achat de groupes électrogènes. Cette solution aggrave les pertes financières de la Jirama. 4 milliards Ar de pertes Comme les prix sont encore dictés par l’Etat, la Jirama ne peut pas indexer correctement ses tarifs au coût du carburant. Autrement dit, elle ne peut pas toucher à ses tarifs suivant l’évolution du prix du carburant. Résultat : la direction générale parle d’une perte de 4 milliards Ar par mois à cause de ce problème. Un parc de groupes électrogènes déjà important et encore étoffé par de nouveaux achats ne peut qu’aggraver cette situation.
Mais au même titre que le riz, l’énergie est stratégique notamment dans les grandes villes. Les délestages à n’en plus finir ont déjà provoqué des manifestations dans des villes de province. Et la solution la plus rapide pour calmer le courroux des consommateurs est de les doter de groupes électrogènes. Ainsi, la Jirama est entre le marteau et l’enclume. D’un côté, elle subit les pressions de son unique actionnaire qu’est l’Etat. Ce dernier l’oblige à résoudre le problème des délestages au plus tôt. De l’autre, des partenaires financiers n’apprécient pas la solution adoptée.
La Lettre du Mercredi 109
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